Pause hivernale

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Date: 8 décembre 2018
Auteur: Daniel Nadeau

Comme chaque année au mois de décembre, ce blogue fait relâche pour quelques semaines.

Nous allons aller recharger nos batteries tout en gardant les mains sur le volant de nos principaux dossiers professionnels.

Nous serons de retour avec nos commentaires sur l’actualité et nos analyses des événements marquants de la profession de relations publiques le 4 février 2019.

 

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La littérature, reflet de la réalité

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Date: 7 décembre 2018
Auteur: Daniel Nadeau

Je ne sais pas si l’auteur Thomas B. Reverdy le savait au moment où il a écrit son dernier roman intitulé L’hiver du mécontentement publié cette année chez Flammarion, mais il a englobé la réalité qui rend sa fiction du moment d’une actualité criante.

Dans ce roman, l’auteur nous décrit les événements politiques en Grande-Bretagne, qui sous fond de grève ont mis la table à l’arrivée au pouvoir de l’ancienne dame de fer britannique et égérie du néolibéralisme, Margaret Thatcher. Mis en scène habilement par des personnages d’une jeune troupe de Théâtre qui monte un Richard III de William Shakespeare, ce roi adepte du pouvoir à tout prix. L’auteur nous y fera croiser Margaret Thatcher venue prendre un cours de diction. De nombreuses pages décrivent l’atmosphère de révolte qui s’empare de la société britannique durant l’hiver 1978-1979. C’est une époque marquée par de nombreuses grèves monstrueuses qui a fait dire au quotidien The Sun « Voici venir l’hiver de notre mécontentement ».

Signe des temps aussi, la pièce montée au théâtre Warehouse est le fait d’une jeune troupe entièrement composée de femmes. Parmi celles-ci, l’héroïne du roman de Reverdy Candice. Celle-ci, adepte de vélo et courrier pour une firme de livraison de colis nous fera découvrir l’univers de Reverdy. Elle sera victime d’une agression sexuelle par son employeur. Autre rappel à notre réalité à l’ère du #Metoo.

Laissons le dernier mot de ce court billet à l’éditeur de Reverdy qui écrit ces mots pour décrire le roman de Reverdy : « Thomas B. Reverdy écrit le roman de cet hiver qui a sonné le glas d’une époque et accouché d’un autre monde, un monde sans pitié où Just do it ne servira bientôt qu’à vendre des chaussures. Mais il raconte aussi comment des jeunes gens réussissent à s’y faire une place, en luttant avec toute la vitalité, la détermination et les rêves de leur âge ».

Je l’ai écrit souvent. La littérature est une autre façon de communiquer des visions du monde qui sont parfois aussi juste que les récits historiques tout au moins pour en restituer l’atmosphère et les enjeux. Le roman de Reverdy est incontournable pour qui veut mieux comprendre notre époque.

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Surréaliste ou plutôt nostalgique. Je ne sais lequel des deux adjectifs colle mieux pour décrire la prestation de notre ancien Premier ministre canadien, Brian Mulroney, qui rendait hommage hier à la mémoire de l’ancien président américain George H. W. Bush, père de George W. Bush et accoucheur du premier traité de libre-échange entre les États-Unis et le Canada. Reste que ce qui est marquant dans la prestation de Brian Mulroney hier c’est le rappel de jours plus heureux que ceux d’aujourd’hui dans les relations canado-américaines.

Brian Mulroney par ses propos a rappelé l’importance de la défense de certains principes dans les relations internationales. Des principes qui selon lui ont marqué la présidence de George H. W. Bush. Pour Brian Mulroney, George H. W. Bush restera le président le plus courageux, le plus honorable et le plus respectueux des principes que les États-Unis aient connu. La Presse+ rapporte les mots suivants de l’ancien premier ministre canadien : « M. Mulroney a décrit M. Bush comme un véritable gentleman et un modèle de leadership authentique qui a dirigé le pays de la même manière qu’il a vécu sa vie : avec distinction, résolution et courage. »

Ce qui est remarquable dans cet événement qui frappe l’imaginaire lorsque l’on constate la présence dans l’auditoire du président américain, Donald Trump, c’est l’état actuel des relations diplomatiques entre les États-Unis et le Canada. Ce n’est pas s’aventurer dans des opinions troubles que de constater que les relations jadis excellentes entre nos deux pays sont aujourd’hui, choses du passées sous le leadership de Trump. On ne peut pas avoir de meilleur contre-exemple de l’opposé de l’homme décrit par Brian Mulroney que le parcours sinueux et indéchiffrable de l’actuel occupant de la Maison-Blanche. Qui aurait dit un jour que l’opinion internationale regretterait George H. W. Bush qui fut pourtant un président à l’image un peu tiède.

Le contraste entre hier et aujourd’hui est frappant. Non seulement dans les mutations et les changements dans les relations canado-américaines, mais aussi dans la personnalité des acteurs. La dignité, le savoir-dire de l’ancien premier Mulroney lors de son hommage à son ami George H. W. Bush nous rappelle cruellement ces jours-ci que cela ne se transmet pas nécessairement par hérédité. Le fils de George H. W. Bush, qui fut aussi président et la fille de Brian Mulroney, qui est aujourd’hui ministre dans le cabinet ontarien du premier ministre Doug Ford, nous en fournissent des exemples éloquents. Non seulement les époques changent, mais les acteurs d’aujourd’hui n’ont pas la même profondeur que ceux d’hier. En ce sens, nous regrettons tous avec nostalgie cette époque où les membres de la classe politique avaient de la classe et des principes.

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Les gilets jaunes

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Date: 5 décembre 2018
Auteur: Daniel Nadeau

La révolte des gilets jaunes en France témoigne bien de notre époque ou la classe politique semble impuissante à juguler le raz-bol généralisé de celles et ceux qui se sentent exclus pour de bonnes ou de mauvaises raisons. La fuite en avant dans les biens de consommation et dans un individualisme forcené crée un cocon qui ne peut souffrir de ne pas bénéficier du minimum jugé vital. Il faut dire que la publicité omniprésente sur le minimum pour avoir une bonne vie n’aide en rien à diminuer les attentes. C’est ce qui explique, dessiné à traits grossiers, la révolte des gilets jaune en France.

Je dis dessiné à traits grossiers parce que le cas français est une situation unique en soi. Il y a dans ce pays un raz le bol généralisé contre l’immigration. Les Français se sentent envahis. Ils assistent impuissants à la montée de l’intégrisme musulman dans leur pays et à la multiplication d’incidents de nature terroriste sur leur territoire. D’où la montée d’un profond sentiment d’insécurité.

Il y a aussi une colère sourde, mais profonde contre les bureaucrates de l’Union européenne qui prennent des décisions qui affectent le mode de vie traditionnel des Français. Il y a toujours eu en France, malgré sa révolution de 1789, un profond attachement à des valeurs proprement françaises liées à la grandeur de la France et à son influence dans le monde. Grandeur déchue dans la foulée de la fin des colonialismes et par l’émergence de nouvelles puissances mondiales comme les États-Unis, l’URSS et maintenant la Chine.

La question de la lutte aux changements climatiques a aussi de lourdes conséquences pour le mode de vie des Françaises et des Français. La taxe sur le diesel n’est-elle pas la principale source du présent mécontentement qui a débouché sur la violence dans les rues de Paris ? Sans compter ces attentats contre les petites boucheries par les militants radicaux véganes. La table est vraiment mise pour que la colère des Français s’exprime.

Il est difficile pour nous de voir, d’entendre et de comprendre ce qui se passe en France. Nous avons peut-être des racines culturelles communes, mais nous n’avons pas de fond de violence comme gêne dans nos combats sociaux. D’une certaine manière, la France a un passé de violence qui ressemble un peu à celui que nous retrouvons chez notre voisin du Sud, les États-Unis.

Quoi qu’il en soit, nous avons beau être des gentils, mais nous ne sommes pas à l’abri de l’éclosion de phénomènes similaires chez nous si nous ne sommes pas attentifs aux besoins et aux attentes de celles et ceux qui se sentent exclus. Le mépris affiché de certains aux mesures budgétaires annoncées hier par le gouvernement Legault à l’endroit des familles et des aînés témoigne bien de cette propension que nous avons chez nous à négliger les voix des plus démunis. Ce n’est pas vrai que tout doit se régler par l’arrivée du Grand soir ou encore passer par des solutions Tout à l’État. La réflexion s’impose si nous ne voulons pas avoir nos propres gilets jaunes.

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L’affaire Vice Média et la Cour Suprême

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Date: 4 décembre 2018
Auteur: Daniel Nadeau

La liberté de presse et la protection des sources ont des limites

Un jugement récent de la Cour Suprême du Canada fera parler de lui dans les salles de presse de tout le pays dans les prochaines semaines. De quoi meubler les partys de Noël des salles de rédaction des médias canadiens.

Ce dont il est question c’est que Vice Média se voit obligé de dévoiler les échanges entre son journaliste et un présumé terroriste qui luttait pour l’armée islamique. Ce que le journaliste doit dévoiler de son matériel journalistique ce sont ses échanges texto avec le terroriste présumé.

Nous ne sommes pas ici devant une cause de protection d’une source, mais plutôt devant la question de dévoiler des renseignements stratégiques pour arrêter un terroriste. La Fédération professionnelle des journalistes du Québec peut bien nous servir ses arguties concernant la question de principe selon laquelle jamais la police ne devrait mettre la main sur du matériel journalistique. Comme le rapporte Le Devoir, le vice-président de la FPJQ, Jean-Thomas Léveillé affirme que : « C’est une question de principe. La police ne devrait pas pouvoir mettre la main sur le matériel journalistique, quel qu’il soit. C’est important parce que, si les gens ont la perception que transmettre de l’information aux médias revient à la transmettre à la police, peut-être que les gens vont y repenser à deux fois avant de dénoncer des situations qui méritent d’être dénoncées. »

Ouf. Quelle mauvaise déclaration de Léveillé ! Il confond les pommes et les oranges. Ce qui est en cause dans ce jugement c’est un militant politique, terroriste qui se sert des médias pour propager son idéologie meurtrière. En vertu de la liberté d’expression, je ne voudrais pas que l’on interdise à des médias de transmettre cette parole. Néanmoins, il faut comprendre que par cette transmission les médias servent d’outils à la propagation du terrorisme. Cela n’a rien à voir avec une source qui dénonce des autorités légitimes pour des manœuvres scabreuses. On parle plutôt ici d’un terrorisme qui fait de la propagande.

Je suis très heureux de la décision de la Cour Suprême du Canada. Cela prouve que l’on peut respecter la liberté d’expression, la protection des sources journalistiques tout en combattant les criminels et les terroristes. La Cour Suprême a été sage dans sa décision. Tous les fervents défenseurs de la démocratie et de la liberté d’expression ne peuvent que s’en réjouir.

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L’avenir des médias québécois

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Date: 3 décembre 2018
Auteur: Daniel Nadeau

Il n’y a pas à dire. Les médias sont en crise. Là où les manifestations de cette crise sont les plus graves, c’est dans l’affadissement de l’information locale et régionale. Le temps presse, car il existe un lien non équivoque entre la qualité de l’information diffusée et la prise que peut avoir par exemple le mouvement populiste sur une pléiade de sujets sensibles pour notre vivre ensemble.

Vous pensez que j’exagère. Quelques chiffres pour vous en convaincre. Depuis 2010, le nombre des médias locaux et régionaux a chuté de 28 %. Nous sommes passés de 200 journaux à 143 depuis 2010.

Bien sûr, le gouvernement Couillard a mis en place quelques solutions pour aider les médias à traverser la crise. Il est notoire que cela constitue un sparadrap sur le bobo et qu’une action énergique sera nécessaire.

C’est pourquoi nous ne pouvons que nous réjouir de l’annonce de la ministre de la Culture et des Communications, Nathalie Roy de la tenue d’une commission sur l’avenir de l’information au Québec. Comme le rapporte Le Devoir samedi dernier, « La ministre dit vouloir un portrait global de la crise qui secoue le monde de l’information afin de pouvoir prendre les mesures adéquates pour y remédier. »

Qui plus est, la ministre fait valoir que le droit des citoyens à l’information est inscrit dans l’article 44 de la Charte québécoise des droits et libertés : « Ce droit est essentiel à la démocratie », affirme la ministre (Loc. cit.).

Le problème majeur des médias écrits et électroniques des régions en matière d’information est sensiblement le même que celui des médias traditionnels. C’est l’inadéquation de leurs modèles d’affaires eu égard au transfert de l’argent des recettes publicitaires vers le Web chez les géants du GAFA. Puis, la crise des médias régionaux est amplifiée par les décisions d’affaires des propriétaires privés qui décident de couper leur personnel dans les régions notamment dans les salles de nouvelles. À quoi bon conserver une grosse équipe dans une salle de nouvelles quand on peut tout simplement repiquer les nouvelles de notre service de recherche gratuit que représente par exemple un quotidien comme La Tribune dans la région de l’Estrie.

Ça ne sera pas facile, mais nous devons trouver des solutions pour viabiliser les médias locaux et régionaux dans les régions. C’est le principal rempart à une démocratie saine exempte des excès attribuables à la montée de tous les populismes et au règne des théories du complot et des réalités alternatives.

Cela dit, les médias locaux et régionaux ont une solide réflexion à faire sur la façon dont il s’acquitte de leurs tâches d’informer leurs auditoires et leurs publics dans de petits milieux. Souvent, ces médias ont le travers de devenir des acteurs du débat plutôt que de nous rapporter les faits. J’aurai un jour l’occasion de revenir sur ce sujet.

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Le grand Richard Royer nous a quittés

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Date: 30 novembre 2018
Auteur: Daniel Nadeau

Il n’était pas simplement grand physiquement, mais il était un grand parmi les grands de tous les gens que j’ai connus. Travailleur infatigable, il consacrait de nombreuses heures à son travail d’ingénieur. Il avait gravi tous les échelons de son entreprise pour en arriver à en présider les destinées.

J’ai connu monsieur Royer par le biais de la politique. Jeune militant politique au Parti libéral du Québec, j’avais hérité de la responsabilité de préparer le programme régional du PLQ. Au lendemain du sommet socio-économique du PQ en 1984 où tous les projets liés à la haute technologie, disait-on à l’époque, avaient été rejetés par le gouvernement du Parti québécois. Le programme régional du PLQ préparé avec les militantes et militants viendrait donc réparer cette injustice envers notre région. Les dossiers de technologie seraient mis de l’avant. C’est dans ce contexte que j’ai fait la connaissance de Richard qui ne jurait que par la microélectronique et la SMIS à l’époque. Ami de Dennis Wood, Richard voulait faire de l’Estrie une région de technologie avancée et cela avec l’entreprise privée comme moteur pour son développement. Richard rêvait grand pour sa ville et pour sa région. Par la suite, les libéraux ont été élus, je suis devenu attaché politique et responsable de tous les dossiers de la région de l’Estrie à titre de secrétaire du caucus des députés ministériels de l’Estrie. Fait particulier, je relevais du bureau du premier ministre pour ces tâches avec un accès privilégié auprès des décideurs gouvernementaux.

À cette époque, Richard Royer est devenu un complice avec d’autres. Nous avons développé des liens d’amitié dans de nombreux combats pour la région. Quand il est devenu président du Groupe Teknika alors que j’étais devenu consultant en communication, Richard est devenu mon client. J’étais privilégié de conseiller en communication un personnage aussi inspirant. D’ailleurs, je suis loin d’être seul à lui reconnaître des mérites. Il a été nommé Grand Estrien par la Chambre de commerce de Sherbrooke. Il a aussi reçu Doctorat honoris causa de l’Université Bishop’s.

Comme ingénieur, Richard a été associé à de nombreux projets d’envergure en région comme le Palais des Sports et le pavillon Univestrie. Après s’être retiré de son entreprise comme président en 1998, l’infatigable Richard est redevenu entrepreneur avec son projet Bioterre. Il était un vendu à la région et rêvait de grands projets économiques pour sa ville. Il cherchait à faire de son coin de pays un lieu prospère propice à aider les futures générations. Richard était aussi généreux de son temps pour les bonnes causes comme la Fondation du CHUS ou celle de l’Université. Il était de tous les combats pour améliorer la vie de sa communauté.

Grand sportif, il était particulièrement talentueux au tennis et au golf. Claude Métras, son bon ami, était l’un de ses complices préférés pour pratiquer son sport privilégié, le tennis. J’ai eu l’occasion de jouer souvent au golf avec Richard. Au moment de mon apprentissage, je lui ai découvert beaucoup de patience pour m’aider à trouver mes balles dans le bois longeant les allées du golf Longchamps.

Bref, Richard Royer était un humain extraordinaire que j’ai eu le privilège de croiser sur ma trajectoire de vie. Un être toujours prêt à donner de son temps aux causes justes à ses yeux. Un bâtisseur comme il s’en fait peu. Passionnés de politique, nous avons mené des combats ensemble. Un excellent joueur de golf et de tennis. Je l’avais baptisé affectueusement, comme bien d’autres, du nom du Jean Beliveau de Sherbrooke. Son décès causera un vide immense dans la vie de plusieurs. Moi, je m’ennuierais toujours de nos conversations impromptues sur la politique quand nos chemins se croisaient au hasard de nos courses ou de nos engagements sociaux. Richard Royer me manquera. Mes plus sincères condoléances à son épouse, Pierrette Royer, et à toute la famille. Repose en paix Richard…

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Le gouvernement nouveau

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Date: 29 novembre 2018
Auteur: Daniel Nadeau

C’était la semaine dernière que la région du Beaujolais célébrait le Beaujolais nouveau. Chez nous au Québec, c’est un gouvernement nouveau qui s’est annoncé hier. Le premier ministre du Québec, François Legault, a livré hier son discours d’ouverture de la 42e législature. Le premier ministre Legault qui a vu son parti, la CAQ, remporter une éclatante victoire le 1er octobre dernier.

Hier, François Legault a livré un vibrant plaidoyer pour un Québec nationaliste, fier et audacieux, qui ne recule devant aucun défi. Son discours a jeté les bases d’une nouvelle réalité politique pour le Québec, alors que le nouveau gouvernement a réussi à mettre fin à près d’un demi-siècle de bipartisme.

François Legault a affirmé « que le nouveau gouvernement qu’il dirige “prône un nationalisme rassembleur, dont l’objectif premier est d’assurer le développement économique du Québec à l’intérieur du Canada, tout en défendant avec fierté son autonomie, sa langue, ses valeurs et sa culture. Dans les domaines de notre compétence, nous sommes maîtres chez nous.” »

Les commentateurs n’ont pas tardé à faire le procès de ce discours d’ouverture du nouveau gouvernement. Ce qui permet de noter qu’il n’y aura pas de lune de miel accordé par la presse parlementaire à ce gouvernement. Déjà, les médias montent en épingle depuis plusieurs semaines l’inexpérience de plusieurs membres du gouvernement et cherchent la bête dans tous les gestes et toutes les actions de ce nouveau gouvernement. Il semble que ce sont là les nouvelles règles du jeu de la politique québécoise contemporaine.

Quoi qu’il en soit, pour monsieur et madame tout le monde, le discours d’ouverture de François Legault confirme que c’est bien un nouveau gouvernement avec de nouvelles orientations. Les choix que fera le gouvernement seront bien sûr contestés et décriés par les uns et les autres. Néanmoins, tous doivent reconnaître qu’il y a un changement de ton à Québec et cela est rafraîchissant. Le cynisme est toujours aussi présent, mais monsieur Legault veut contrer ce négativisme ancré dans notre paysage politique depuis plusieurs années pour redonner le goût au Québec d’être fier de sa classe politique. Redonner de la fierté aux gens et chercher à mettre en valeur ce que nous avons de meilleur à offrir. Cela m’apparaît nettement mieux que de se plonger dans le défaitisme et la morosité.

Le Québec a huit millions de raisons d’être fier de ce qu’il est. C’est en mobilisant nos forces et nos énergies vers des actions positives que nous changerons le monde pour le mieux et pour nos héritiers. Bien sûr, pesteront certains, le gouvernement Legault est fédéraliste, mais son nationalisme d’affirmation semble être en harmonie avec son époque. Je me réjouis de l’arrivée d’un nouveau gouvernement avec un ton différent et des projets orientés vers la création de la richesse et surtout vers nos enfants par la priorisation de l’éducation.

La route pour ce nouveau gouvernement ne sera pas dénuée d’obstacles et nous vivrons d’âpres débats notamment sur la laïcité et le port des signes religieux et sur nombre d’autres sujets. L’unanimité n’est pas possible dans une société comme la nôtre et c’est bien ainsi. Même la recherche de courant majoritaire n’est pas aisée dans une société aussi morcelée que la nôtre à une époque où triomphe l’individualisme et où le « nous collectif » a bien peu de place. Pourtant, seuls nous ne pouvons rien. Rien de mieux que la cohésion et le dialogue démocratique pour arriver à faire avancer les choses.

J’ai confiance qu’avec le nouveau gouvernement et François Legault nous pourrons peut-être faire des pas significatifs vers l’avant. Ce qui sera un grand changement. Tant mieux, car le Québec a voté pour le changement.

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La voracité des entreprises mondialisées

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Date: 28 novembre 2018
Auteur: Daniel Nadeau

L’annonce de la fermeture de l’usine de GM à Oshawa et la perte de 2500 emplois a causé beaucoup d’émoi au Canada. Le premier ministre Justin Trudeau a plaidé pour l’appui de son gouvernement aux travailleuses et aux travailleurs touchés en Ontario. Pour l’occasion, on a eu même droit à une trêve entre le premier ministre ontarien conservateur Doug Ford et le premier ministre Trudeau. Il faut dire que l’heure est grave. L’industrie de l’automobile ontarienne est un puissant moteur pour son économie. Le choc sera brutal. L’usine d’Oshawa assemble plusieurs modèles, dont le GMC Sierra et le Chevrolet Silverado.

GM a au total annoncé qu’elle supprimera pas moins de 15 % de sa main-d’œuvre à l’échelle planétaire. Les usines de Detroit au Michigan, Warren en Ohio, Baltimore au Maryland et Warren au Michigan vont aussi fermer leurs portes. Deux autres fermetures sont prévues l’an prochain, mais GM n’a pas précisé à quel endroit.

La restructuration permettra à cette entreprise d’économiser environ six milliards de dollars d’ici 2020. Cette décision fait mal paraître les gouvernements, tant américain que canadien, qui avaient consenti des aides financières majeures il y à peine 10 ans pour éviter la faillite à GM. Au Canada, on parle de près de 10 milliards de dollars alors qu’aux États-Unis c’est de 50 milliards dont il faut parler. Beaucoup d’argent pour sauver des emplois qui aujourd’hui sont supprimés au nom de la rentabilité et des avoirs des actionnaires.

Il faut aussi mettre en perspective que l’industrie automobile en en pleine restructuration et que cette industrie jadis prospère fait aujourd’hui figure de dinosaures dans un monde qui cherche à se défaire de son empreinte de carbone. L’idée même de se véhiculer pour nos déplacements dans des engins individuels est remise en question dans les cercles écolos. Faut-il se surprendre alors que dans un tel contexte les dirigeants de ces entreprises désinvestissent massivement dans leurs vieilles unités de production peu ou mal adaptées aux horizons d’attente du 21e siècle ?

Ce qu’il faudrait retenir c’est que les grandes entreprises mondialisées sont voraces et qu’importent leurs racines nationales, elles n’ont qu’une loi qui guide leurs actions : celle du profit. La vraie question qu’il faut poser à nos gouvernements est la suivante : ne devrait-on pas dans l’avenir refuser toute aide financière à ces grandes compagnies mondialisées et plutôt soutenir avec les fonds publics les industries émergentes ?

Les grandes multinationales n’ont que des intérêts financiers et elles n’ont rien à faire des besoins des travailleuses et des travailleurs, ni des régions où elles œuvrent. Que l’on se le tienne pour dit !

Ottawa et Toronto avaient consenti une somme de plus de 10 G$ pour venir à la rescousse de GM lors de la crise économique de 2008.

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Journalisme et relations publiques

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Date: 27 novembre 2018
Auteur: Daniel Nadeau

Depuis la mise à jour du budget fédéral du ministre des Finances du gouvernement Trudeau, Bill Morneau, un débat fait rage concernant l’aide aux médias. La réaction des conservateurs d’Andrew Scheer à ce programme d’aide, pas encore défini, pour permettre à la presse écrite de survivre dans le monde numérique d’aujourd’hui n’élève pas le débat.

Andrew Scheer et ses troupes cherchent à diaboliser les journalistes et le gouvernement Trudeau assimilant les mesures annoncées en une vulgaire manœuvre pour Justin Trudeau et les libéraux de s’acheter une couverture de presse favorable à la veille du rendez-vous électoral de l’automne 2019. Non seulement les conservateurs s’attaquent-ils aux médias en les mettant dans un moule de complaisance appréhendée et de compromission avec le pouvoir selon les mots du directeur du journal Le Devoir, Bryan Miles, mais « ils s’en prennent à ce que les journalistes ont de plus précieux : leur crédibilité ».

Dans son opinion publiée samedi dernier, le directeur du journal Le Devoir, Brian Myles écrit : « Bien qu’ils ne fassent pas partie d’un ordre professionnel, les journalistes dits “professionnels” se reconnaissent entre eux par l’adhésion à des valeurs communes : recherche d’équité dans la couverture journalistique, vérification des faits, séparation des genres entre le journalisme factuel et le journalisme d’opinion, séparation des contenus rédactionnels et publicitaires, devoir de corriger les erreurs, etc. ». (Loc.cit.)

Récemment, un partenaire de l’un de mes clients me rapportait qu’un journaliste l’avait contacté plutôt que de communiquer avec le porte-parole de l’entreprise pour vérifier une situation concernant le client en question. Celui-ci m’a relaté les propos de ce journaliste qui sont révélateurs : « je vous appelle vous, car si nous appelons le porte-parole de l’entreprise, il ne nous dira pas la vérité ». (Propos rapporté par un tiers à l’auteur.)

Incroyable d’entendre une telle chose. Au moment où le monde des médias a besoin de toutes les bonnes volontés pour les aider à traverser la pire crise de leur existence sous l’impulsion des mutations qu’engendrent le monde numérique, il n’est pas inutile de rappeler que le monde du journalisme et celui des spécialistes des relations publiques sont le revers d’une même médaille. Les spécialistes de relations publiques ne sont pas des gens qui mentent aux médias pour protéger des intérêts inavouables. Ce sont des professionnels qui sont là pour faciliter la tâche des médias tout en protégeant les intérêts de son client.

Tout comme les journalistes, les spécialistes de relations publiques ne sont pas membres d’un ordre professionnel, mais ils adhèrent tous, celles et ceux qui exercent leur métier de façon consciencieuse et professionnelle tout au moins, à des valeurs communes, à la recherche d’équité, à un souci de validité des faits transmis, à des pratiques professionnelles interdisant les conflits d’intérêts et à un code de déontologie sévère et sérieux. Par son adhésion à ce code le membre de la Société québécoise des professionnels-les en relations publiques s’engage « à faire preuve d’honnêteté et d’un sens de l’éthique développé dans l’exercice de sa profession. Il évite tout geste ou toute parole qui pourrait porter préjudice à un membre, à la Société ou à l’ensemble de la profession. À l’intérieur des règles fixées par le Code de déontologie, il sert loyalement et prioritairement les intérêts de son employeur ou de son client. »

Au bénéfice de tous, voici les trois premiers éléments de ce code.

  1. Tout membre doit pratiquer les relations publiques conformément aux plus hauts standards professionnels

Les membres doivent exercer leur profession conformément à l’intérêt public et dans le respect de la dignité des personnes, tel que le prévoient les dispositions pertinentes de la Constitution canadienne et de la Charte des droits et libertés.

  1. Tout membre doit se conduire avec équité et droiture dans ses relations avec les médias et le grand public

Les membres ne doivent ni conseiller ni poser des actes dans le but d’influencer indûment les médias, les organes du gouvernement ou le processus législatif, en offrant par exemple des cadeaux, privilèges ou autre gratification en échange de faveurs.

  1. Tout membre doit s’astreindre aux plus hautes normes d’honnêteté, d’exactitude, d’intégrité, de vérité

Tout membre ne doit pas sciemment diffuser des informations qu’il sait fausses ou trompeuses. Les membres ne doivent pas soutenir de prétentions exagérées ou faire des comparaisons injustes, ni s’approprier la paternité d’idées ou de déclarations d’autrui. Tous les membres doivent éviter une conduite professionnelle ou personnelle qui jette le discrédit sur eux-mêmes, la Société ou la pratique des relations publiques.

En cette ère des fausses nouvelles et de l’impérialisme envahissant des pseudo-journalistes et de l’omniprésence des théories du complot sur les réseaux sociaux, jamais les spécialistes de relations publiques et les journalistes n’auront été aussi frères dans un combat pour la liberté d’expression et la défense du bien commun. Frères je dis bien même si parfois ce sont des frères qui se croient ennemis…

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