Nous sommes en guerre…

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Date: 27 mars 2020
Auteur: Daniel Nadeau

C’est amusant de prendre conscience que certaines images utilisées par nos porte-parole publics comme métaphore afin de vulgariser leur point de vue ne sont liées à aucun de nos champs référentiels d’expérience. C’est notamment le cas avec l’expression « nous sommes en guerre » utilisée par notre premier ministre Legault concernant notre lutte à la pandémie du coronavirus.

Peu d’entre nous peuvent imaginer ce qu’est vraiment la guerre, à part nos compatriotes membres des forces armées canadiennes qui ont été appelés à se rendre à l’étranger pour mener des guerres contre les terrorismes notamment en Afghanistan ou en Syrie. Outre ces militaires de profession peu d’entre nous savent vraiment ce que peut représenter la guerre. Nous sommes d’une génération qui n’a pas connu la guerre contrairement à nos arrière-grands-parents. Bien sûr, nous pouvons nous en faire une idée par la littérature, le cinéma ou les essais historiques, mais cela ne fait pas de nous des connaisseurs de ce que peut représenter la guerre.

D’ailleurs au Québec, plus qu’ailleurs en Amérique, nous avons un problème avec la notion de guerre. Le discours historiographique en fait la démonstration. Au Québec, nous nous sommes toujours montrés très tièdes envers la réalité historique de la guerre. Cela tient à notre rapport à la conscription tant à la Première Guerre mondiale qu’à la seconde. Ainsi pour les Canadiens la figure de déserteur est celle d’un lâche ou d’un traître à sa patrie alors que pour nous Québécois c’est un héros qui a bravé le pouvoir de l’autorité fédérale anglophone.

Le cinéaste Jacques Godbout en donne une explication toute simple en parlant de la Seconde Guerre mondiale : « C’est qu’au Québec, contrairement au reste du Canada, la population dénonçait la conscription. Ceux qui s’affichaient en faveur de la guerre étaient des traîtres, alors que ceux qui refusaient de s’enrôler et qui se cachaient dans le bois pour échapper à la conscription étaient des patriotes. On divisait le Québec en deux : les bons et les méchants. Or, rien n’est jamais simple. Même aujourd’hui, nous continuons d’interpréter l’histoire en utilisant cette grille binaire. Mais peut-on vraiment être patriote en refusant de se battre ? » (Tommy Chouinard, « Traître ou patriote, de Jacques Godbout : trou de mémoire » dans Voir, 13 septembre 2000 — Cité par Luc Bertand, Le dernier assaut. La vie du lieutenant Jean Brillant, VC, MC, Québec, Septentrion, 2020, p.16)

Nous sommes en guerre n’est donc pas une formule métaphorique qui parle aux Québécoises et aux Québécois et si elle le fait elle n’est pas si positive étant donné notre rapport à la guerre et à la conscription dans l’histoire du Québec. Avis aux rédacteurs de textes et de discours…

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La pandémie et les médias

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Date: 26 mars 2020
Auteur: Daniel Nadeau

Pendant que nous sommes confinés dans nos maisons, reclus dans l’intimité de nos foyers, les relations sociales sont plus rares et essentiellement virtuelles. Notre principal lien au monde ce sont les médias d’information. Deux thèmes occupent tout l’espace, les conséquences sanitaires et les conséquences économiques de la pandémie du coronavirus. Cela affecte-t-il notre moral ? Se coller aux médias qui ne nous rapportent que de mauvaises nouvelles, est-ce une bonne façon de demeurer serein et résilient devant la pandémie actuelle ?

La bonne nouvelle c’est que nous en aurons bientôt le cœur net, car une équipe de chercheurs multidisciplinaires de l’Université de Sherbrooke cherchera à mesurer les impacts psychosociaux sur la population du Québec, du Canada et même à l’international concernant la masse d’information qui circule sur le coronavirus. On cherchera aussi à savoir quels sont les impacts du traitement des médias de la pandémie sur notre moral pour mieux en comprendre les effets sur la population.

Cette enquête sera menée par la professeure à la Faculté de médecine Mélissa Généreux, l’ancienne directrice de la santé publique en Estrie.

Voici ce que disait la professeure Mélissa Généreux dans le quotidien La Tribune ; « Comment, par exemple, l’information véhiculée par les médias traditionnels et les médias sociaux influence les comportements ? Illustre Dr Généreux, professeure à la faculté de médecine et des sciences de la santé de l’UdeS (FMSS). On a assisté à toutes sortes de réactions dans les derniers jours, de l’anxiété en passant par des achats impulsifs “d’articles essentiels” ». « C’est la première fois qu’on fait face à cette pandémie. Parfois, on peut être le vecteur de l’information erronée. C’est cette explosion d’information qui peut influer sur la peur et influencer les différentes réactions, note Mélissa Généreux, aussi médecin-conseil à la Direction de la santé publique de l’Estrie. Les réactions guidées par la peur (mépris, blâme, désinformation) peuvent empirer une situation déjà très complexe. »

Une telle étude sera utile non seulement aux responsables de la santé publique, mais aussi aux médias d’information. Certains pourront prendre conscience des impacts qu’ont certains articles ou reportages qui utilisent la voie sensationnaliste pour nous donner l’état des choses quant à la pandémie. Ainsi, l’utilisation du conditionnel dans les titres ou des hypothèses ne font rien pour rassurer la population. Autre exemple, lorsque l’on titre que l’Estrie est l’une des régions les plus atteintes ou que les personnes âgées sont à risque, cela est interprété comme des faits qui militent à la faveur de la fermeture de la région ou encore que les personnes aînées sont des transmetteurs privilégiés du virus alors qu’elles ne sont que des victimes potentielles plus à risque de conséquences mortelles.

Globalement, les médias d’information font un travail remarquable, mais la tentation de créer des nouvelles pour attirer l’attention en la dramatisant n’est jamais bien loin. J’ai bien hâte de lire cette étude. Je suis convaincu que cela nous en apprendra plus sur les humains et leur relation avec la peur.

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La solitude du pouvoir

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Date: 25 mars 2020
Auteur: Daniel Nadeau

Nos premiers ministres Justin Trudeau et François Legault doivent se sentir bien seuls par les temps qui courent. Certes, ils peuvent compter sur des équipes, des experts et des collègues de leur conseil des ministres. Cela est acquis. Néanmoins, devant la gravité de la crise que nous vivons avec la pandémie du coronavirus, ils doivent prendre des décisions rapides qui changeront la vie de milliers d’entre nous. Jusqu’à présent, cela se déroule plutôt bien. Les communications gouvernementales de crise sont à la hauteur, mais bientôt, j’en ai la conviction, au fur et à mesure du maintien et du renforcement des mesures de confinement, des voix dissidentes se feront entendre.

Nous sommes plusieurs à juger de leurs actions et notre jugement à leur propos est souvent impitoyable ou trop généreux. Nous n’avons qu’à voir la popularité aussi subite qu’inattendue du docteur Horacio Arruda pour comprendre qu’en ces temps troubles, être populaire ou voué aux gémonies tient à bien peu de choses.

Il y a quelques années, j’ai lu un intéressant ouvrage de Jean-Michel Djian paru chez Grasset en 2015 et intitulé : Solitudes du pouvoir. Dans cet essai, l’auteur nous invite à découvrir la solitude de celles et ceux qui nous dirigent. Il faut plutôt parler de ceux, car aucune femme au pouvoir ne fait partie de la réflexion de l’auteur. Quoi qu’il en soit, cet essai de Djian nous fait voir comme les tragédies grecques nous l’ont enseigné il y a longtemps, que le pouvoir suprême s’accompagne d’une extrême solitude. Les Dieux peuvent être adorés, enviés ou craints, entourés d’une foule de courtisans, dotés d’une grande puissance, mais là-bas, tout en haut, l’oxygène est rare et les vraies amitiés sont de circonstances plutôt que sincères. L’auteur écrit : « Il (un dirigeant président français) s’est trouvé confronté à des choix lourds de conséquences pour lequel aucun catéchisme ne l’a aidé à démêler l’enchevêtrement du bien et du mal. La grandeur morale de la politique n’est pas dans la bonne conscience, mais dans le cas de conscience. » Bien vu. Son conseiller en communication confirme : « Ce jour-là, il était dans un mutisme total. Il veut être seul alors qu’il ne sait pas l’être. Alors nous le protégeons. Je pense sincèrement qu’il venait symboliquement de réaliser, au contact direct de la mort, ce que représentait sa charge, son devoir d’homme d’État. »

Bref, messieurs Trudeau et Legault doivent aujourd’hui sentir tout le poids de leur charge et c’est pour cela qu’ils méritent notre appui et notre estime. Ils se dévouent pour nous. Peu d’entre nous seraient volontaires pour ce sacrifice. C’est pourquoi la solitude du pouvoir ne peut avoir que notre solidarité comme remède.

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Perdre la terre

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Date: 24 mars 2020
Auteur: Daniel Nadeau

Hier, dans notre blogue, nous avons évoqué l’essai publié par Nathaniel Rich publié en 2019 aux éditions du Seuil qui est un récit implacable et passionnant sur notre rendez-vous manqué avec la lutte aux changements climatiques. Dans cet essai réalisé avec le soutien financier de la fondation Pulitzer, Rich a conduit plus de 100 entrevues et il fait la démonstration que depuis 1979, nous avions en main tous les éléments pour savoir ce que nous savons aujourd’hui sur le réchauffement climatique.

Si l’on en croit les propos de l’auteur, « au début des années 1980, les experts scientifiques employés par le gouvernement fédéral américain prévoyaient déjà que des preuves formelles du réchauffement climatique apparaitraient dans les relevés de température à l’échelle planétaire d’ici la fin de la décennie et qu’il serait alors trop tard pour éviter le désastre. Les États-Unis étaient à l’époque, le premier émetteur de gaz à effet de serre… » (Nathaniel Rich, Perdre la terre, Paris, Seuil, 2019, p. 17)

On proposait même d’agir : « Un rapport daté de 1980, rédigé à la demande de la Maison Blanche par l’Académie américaine des sciences (NAS) proposait que la question du dioxyde de carbone soit inscrite à l’ordre du jour international, dans un contexte qui optimisera la coopération et la recherche du consensus, et minimisera les manipulations politiciennes, la controverse et la division… Le sentiment des scientifiques et des dirigeants mondiaux était unanime : il fallait passer à l’action, et il appartenait aux États-Unis de prendre la tête de ce mouvement. Mais ils ne l’ont pas fait. » (Ibid. p. 17-18)

En lieu et place, on a plutôt eu droit à la mise en place de stratégies de relations publiques et de lobby des pétrolières et des industries liés au carbone. « Entre 2000 et 2016, raconte l’auteur, l’industrie a ainsi dépensé plus de deux milliards de dollars, soit 10 fois plus que les frais engagés par l’ensemble des associations écologistes, pour contrecarrer les projets de loi liés au changement climatique. Un pan important de la littérature consacrée au climat a dressé la chronique des machinations ourdies par les lobbyistes au service de cette industrie, des pratiques de corruption ciblant quelques scientifiques accommodants et des campagnes de communication orchestrée par les multinationales qui continuent encore aujourd’hui de fausser le débat politique, alors même que les principaux géants du pétrole et du gaz ont depuis longtemps renoncé à leur stupide numéro de déni de la réalité. » (Ibid. p.15)

Le ton du livre est donné. Un livre sans fard qui est le récit d’une histoire passionnante et fascinante où nous lecteurs sommes placés à la table des négociations où nous pouvons entendre les silences coupables, les renoncements et la couardise de ceux qui entre eux discutait de ces questions. De façon impitoyable, Perdre la terre est un roman sans pitié de nos occasions manquées avec notre rendez-vous pour juguler le réchauffement climatique et la catastrophe appréhendée qui sera aussi dommageable à notre tissu social et économique que l’actuelle pandémie de coronavirus.

S’il n’est jamais trop tard pour agir, il commence à avoir une urgence pour une action structurante afin de diminuer notre production de gaz à effet de serre et pour réussir à éviter le pire du réchauffement de notre planète. Un livre comme celui de Nathaniel Rich cultive une indignation nécessaire et est empreint d’humanité. Il est une lecture utile pour quiconque doute encore de l’imminence de la crise climatique.

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Se divertir en temps de crise…

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Date: 23 mars 2020
Auteur: Daniel Nadeau

Nous le savons tous, nous avons plus de temps libre qu’en temps habituel. Nos relations sociales sont réduites au minimum. Cela donne plus de temps pour des activités moins utiles, mais essentielles pour nourrir notre âme et prévenir nos angoisses. Rien de pire que d’être rivé à son petit écran pour entendre et réentendre les mauvaises nouvelles concernant la pandémie du coronavirus. D’ailleurs, les psychologues nous le disent ce n’est pas idéal de communier avec les statistiques du pire, heure après heure.

En ce qui me concerne, je passe beaucoup de temps à écouter de la musique. J’ai ainsi découvert un auteur-compositeur vraiment intéressant que je ne connaissais pas. Gautier sans h et son dernier album animal social. Une mention aussi spéciale à la création de Louis-Jean Cormier. Cela vaut le détour.

Je prends aussi du temps pour écouter des séries étrangères à la télévision. Ce dernier weekend, j’ai pu visionner les six émissions de la série britannique Le Jeu anglais qui nous rappelle le début du football européen en prenant appui sur l’opposition entre l’aristocratie et la classe ouvrière au 10e siècle en Angleterre. Une série écrite par l’auteur de Downton Abbey, Julian Fellowes.

Il y a aussi la lecture qui occupe passablement mon temps. Cette dernière semaine j’ai pu lire le dernier roman de Stephen King, L’institut. Un roman passionnant qui nous plonge dans l’univers futurible de King et qui met en scène des pouvoirs paranormaux d’enfants qui sont sacrifiés pour la bonne marche de la planète. Un roman passionnant qui mériterait une suite. J’ai aussi pu lire l’ouvrage publié sous la direction de l’historien Yvan Lamonde concernant la correspondance de Louis-Antoine Dessaulles directement de Paris à la fin du 19e siècle. Dessaulles, un intellectuel majeur de l’histoire du libéralisme québécois est un exilé financier qui a quitté le Québec et sa famille parce qu’il fuyait ses obligations financières. Dans sa correspondance, nous pouvons découvrir le Paris des foules. C’est l’époque de la foule, des foules, jour et nuit grâce à l’association du festif et de l’électricité. Vapeurs transatlantiques et chemins de fer européens mènent à Paris. Paris est déjà une fête. Louis-Antoine Dessaulles y arrive en mars 1878.

J’ai aussi découvert un essai très intéressant sur les origines de la lutte aux changements climatiques et des balbutiements de nos connaissances sur l’impact de la présence de dioxine de carbone dans l’atmosphère et le réchauffement de la planète. J’aurai l’occasion de vous revenir sur ce livre de Nathaniel Rich intitulé Perdre la terre publié au Seuil en 2019.

Bref, mon temps est bien occupé et meublé d’activités de lecture et de culture. J’invite tout le monde à en faire autant. Vivre la culture c’est une façon de briser l’isolement et de sentir appartenir à la communauté humaine.

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Nier l’évidence ! Les moulins à vent de l’inconscience

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Date: 20 mars 2020
Auteur: Daniel Nadeau

La négation est un réflexe de protection et de sécurité pour tout être humain. La résistance que notre esprit oppose aux consignes données par les autorités sanitaires a pris quelque temps avant de s’imposer comme des évidences incontournables dans la présente crise pandémique du coronavirus. Heureusement, le Québec respecte globalement les consignes données par nos autorités pour sauver des vies. Il faut se féliciter de cette discipline même si des cas épars nous rappellent que le sens commun et le sens des responsabilités ne sont pas universels et communs à toutes les citoyennes et tous les citoyens du Québec. Globalement, on peut être heureux du résultat actuel de ce chambardement de nos vies.

Au cours des dernières semaines, nos vies ont basculé. Retranchés dans le confort de nos résidences, plusieurs ne sortent plus sauf pour mener des activités essentielles et pas seulement les gens de 70 ans et +. Dans un tel contexte, il est curieux de constater que les partis politiques qui souhaitent tous sans exception gouverner les destinées de notre pays tardent à reconnaître les évidences. Cela est particulièrement criant pour les partis politiques, tant au fédéral qu’au provincial, qui sont : le Parti conservateur du Canada, Le Parti libéral du Québec et le Parti québécois qui n’ont pas encore suspendu leur course au leadership respective. Qu’attendent-ils au juste ? Déjà que l’intérêt de ces courses était plus ou moins nul de la part d’une large partie de la population. Certes, on a modifié les activités, suspendu les rencontres de groupes, mais on n’a pas encore décrété la fin de ces non-courses qui n’intéressent personne pour le moment.

Nous sommes plutôt dans un moment où nous devons faire preuve de solidarité, nous unir à nos gouvernements, bons ou mauvais que nous nous sommes donnés. Il n’y a pas de place aux discours politiques même si certains tireront avantage politiquement de la présente situation. Nous devons réserver nos critiques à plus tard. Elles ne tarderont pas à venir après la crise jugulée. J’ai confiance à notre sens démocratique, mais en attendant, de grâce, faisons profil bas et luttons contre la pandémie.

Par ailleurs, si l’on se souvient but, l’objectif d’une course au leadership pour une formation politique c’est de se faire voir et de remettre son parti dans le vent d’une plus grande adhésion. Alors je ne comprends pas que ces partis n’ont pas annulé leurs courses dans le contexte actuel. Cela n’intéresse personne en ce moment, peu importe nos préférences politiques. Nous sommes en guerre contre la pandémie… Annulez donc ces courses au leadership qui ne sont d’aucun intérêt…

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Tom Brady en Floride

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Date: 19 mars 2020
Auteur: Daniel Nadeau

Histoire de se changer les idées, parlons sport. L’un des plus grands quarts-arrière du football américain, le quart-arrière à la carrière mythique, Tom Brady, a décidé de quitter les Patriots de la Nouvelle-Angleterre pour se joindre aux Buccaneers de Tampa Bay. C’est une nouvelle d’importance dans le monde du sport professionnel.

Pour celles et ceux qui ne savent pas pourquoi Tom Brady est l’un des plus grands quarts-arrière du football professionnel, rappelons quelques statistiques. Brady a remporté six Super Bowl. Il est le joueur le plus titré de l’histoire de la ligue nationale de football. La saison 2007 est sa plus grande saison, saison qui fut marquée par une fiche quasi parfaite des Patriots qui ont remporté tous leurs matchs de la saison avant de s’incliner dans le match du Super Bowl face aux Giants de New York. La saison de 2007 de Brady a été notamment caractérisée par sa très grande complicité avec le receveur ailier rapproché, Randy Moss. Cette année-là, Tom Brady a battu le record de touchés par la passe pour un quart-arrière. La saison suivante, Brady a été blessé et en 2011 il a connu à nouveau la défaite contre les mêmes Giants de New York.

Par ailleurs, la carrière de Tom Brady aura aussi été marquée par une réputation sulfureuse de tricheur avec l’histoire des ballons dessoufflés. Il a d’ailleurs été suspendu par la ligue pour cet événement. Quoi qu’il en soit, le talent de Tom Brady comme quart-arrière est incontestable même s’il a beaucoup ralenti la saison dernière faute d’une équipe ayant des outils offensifs à mettre à sa disposition. Son alliance avec Bill Belichick, le seul coach qu’il ait eu dans sa carrière professionnelle aura duré 20 ans. Ce dernier a d’ailleurs déclaré que Tom Brady était le plus grand quart-arrière de toute l’histoire du football professionnel, lui qui est habituellement avare de commentaires personnels.

Le parcours de Brady est d’autant plus atypique qu’il n’a été sélectionné que très tardivement par une franchise, et que son niveau de jeu ne s’est révélé qu’après sa professionnalisation. Malgré plusieurs contrats négociés en deçà de sa valeur sportive, Tom Brady est l’un des joueurs de football américain le plus payé de l’histoire. Marié à la célèbre mannequin brésilienne Gisele Bündchen, sa notoriété dépasse le milieu du football américain. Brady a eu aussi des liens avec le président américain Donald Trump.

Bref, après plusieurs semaines de spéculations, Tom Brady a finalement accepté l’offre des Buccaneers de Tampa Bay pour la rondelette somme de 30 millions de dollars américains mettant ainsi fin à 20 ans de carrière passée avec les Patriots de la Nouvelle-Angleterre et Bill Belichick. À Tampa Bay, on lui souhaite d’y retrouver de meilleures armes offensives qu’en Nouvelle-Angleterre et qu’il nous fasse encore quelques tours de magie avec un ballon ovale pour notre plus grand plaisir d’amateur de football.

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Vivre en exil

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Date: 18 mars 2020
Auteur: Daniel Nadeau

En ces moments difficiles où certains de nos compatriotes sont contraints à l’exil, il convient de se rappeler des figures célèbres du Québec qui pour diverses raisons ont dû s’exiler de celles et ceux qu’ils aimaient et vivre loin de la terre québécoise. Parmi ceux-là, il y a la figure anticléricale légendaire du 19e siècle, Louis-Antoine Dessaulles. Georges Aubin et Yvan Lamonde viennent de publier des lettres de Dessaulles chez PUL dans un livre intitulé : Paris illuminé : le sombre exil. Lettres 1878-1895.

Figure bien connue pour son opposition à l’Église, Dessaulles a aussi été un piètre administrateur de sa fortune. Il s’est lancé dans de nombreuses aventures entrepreneuriales avec des inventions qui n’ont jamais trouvé leur marché et leur destinée. Si bien que croulant sous les dettes, Louis-Antoine Dessaules a dû s’exiler à Paris pour éviter de rembourser des créanciers et pour essayer de se retrouver une vie.

Grâce à la correspondance de Louis-Étienne Dessaulles qui a passé les quinze dernières années de sa vie à Paris, on peut découvrir la vie quotidienne à Paris, les conditions de logement et certains grands événements comme les expositions universelles ou les fêtes du 14 juillet. Les auteurs écrivent : « sa correspondance fait voir à la fois la vie quotidienne du logement et des repas à quelques sous et les déploiements festifs du 14 juillet et des expositions universelles. Personnage balzacien, Dessaulles essaie de se refaire une réputation et une fortune en se jetant sans moyens dans des inventions qui disent l’effervescence de Paris et de l’époque. » (Georges Aubin et Yvan Lamonde, Paris illuminé : le sombre exil. Lettres 1878-1895, , Québec, Presses universitaires de Laval, 2020, 251 p. [Cultures québécoises])

La publication de ces lettres est un excellent passe-temps en ces moments où nous sommes reclus sur nous-mêmes et nous permet de découvrir l’histoire de notre petit peuple dans de nouvelles dimensions.

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L’humanité au temps du coronavirus

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Date: 17 mars 2020
Auteur: Daniel Nadeau

Les médias nous submergent d’information sur la pandémie du coronavirus. Une psychiatre invitée à une émission spéciale de Découverte sur le sujet opinait que l’exposition fréquente à ce sujet pouvait conduire à l’augmentation de l’anxiété et de la peur. Même si ce sentiment, racontait-elle, est positif la plupart du temps puisqu’il nous aide à mousser notre instinct de survie, il n’en demeure pas moins qu’il est important de s’oxygéner l’esprit et de penser à autre chose.

Depuis plus d’une semaine, la majorité des blogues que j’ai écrits et mes chroniques abordent ce sujet. Cela est un indicateur que ce dernier prend toute la place dans l’actualité. On n’en sort pas.

Hier, ce qui a retenu l’attention ce n’est pas les annonces attendues de Justin Trudeau sur la fermeture de nos frontières ni les annonces économico-sanitaires du gouvernement Legault notamment pour les travailleurs autonomes. C’est plutôt l’image de cet Italien qui sur son balcon joue une pièce de Céline Dion ou encore celle de Florence K. qui est venue chanter une ritournelle à sa grand-mère dans un CHSLD derrière une vitre. Des images fortes qui permettent de nous rappeler que nous sommes avant tout des humains. Retrouver notre humanité et recréer les liens de solidarité avec nos proches pourraient bien être deux des retombées positives de la crise actuelle. Des actions qui permettent aux humains que nous sommes de combattre l’absurdité de l’existence en renouant avec notre humanité. Cette humanité c’est ce qui nous rend semblables à tous les autres. La peur, l’anxiété, la maladie, la mort, la joie, le rire autant de manifestations de notre humanité qui est semblable pour toutes et tous.

Une humanité qui n’a rien à voir avec la course à la richesse et aux honneurs, avec l’égoïsme social et l’individualisme qui caractérisent notre époque. Nous sommes tous des humains dont l’existence est fragilisée par un virus. Devant le virus, nous sommes tous des candidats égaux. Nous pouvons tous en mourir ou en guérir. Plus nous sommes jeunes, plus nous avons de chances d’y survivre. Plus nous sommes âgés, plus nous sommes candidats à la maladie et à la mort. C’est un beau moment pour réfléchir à la vie et à la solidarité intergénérationnelle. C’est important de suivre les consignes des autorités sanitaires parce que notre humanité nous commande d’être solidaires afin de renouer les liens avec notre humanité.

C’est cela l’humanité au temps du coronavirus…

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Gestion de crise exemplaire

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Date: 16 mars 2020
Auteur: Daniel Nadeau

Au temps du coronavirus, on retiendra que le premier ministre Legault se révèle comme un excellent gestionnaire de crise. Il faut dire que le sujet qui inquiète beaucoup la population est favorable pour quiconque choisit de communiquer régulièrement et de dire les vraies choses, même les moins agréables à entendre. On peut voir la différence d’ailleurs avec la gestion de cette même crise par le gouvernement fédéral. Pourtant, si l’on se donne la peine de regarder et d’écouter les médias anglophones, on en déduira que le gouvernement du Canada communique beaucoup et efficacement.

Ce qui fait la distinction c’est vraisemblablement le fait que la ministre de la Santé est anglophone et que c’est moins convaincant d’entendre un Pablo Rodriguez ou une Mélanie Joly sur la question de la pandémie que la ministre de la Santé. Outre la question de la langue, il y a aussi le désaccord entre le gouvernement Legault et le gouvernement Trudeau sur la question des frontières. Dans certains milieux nationalistes québécois, on souhaite la fermeture des frontières. Ce qui est une éventualité peu efficace au fond quand on regarde l’expérience chinoise.

Il faut dire cependant que ce que l’on reproche à Justin Trudeau est la faiblesse de son leadership et cela est largement attribuable à la gestion de la crise des voies ferrées. La proximité des deux crises dans le temps est défavorable au premier ministre Justin Trudeau. L’idée qu’il soit incapable de prendre des décisions lui colle à la peau depuis l’affaire SNC Lavalin.

Quoiqu’il en soit, je crois que la crise est très bien gérée par les deux gouvernements même si le gouvernement Legault a une meilleure image et qu’il est plus efficace. Ce qui ne signifie pas pour autant que la gestion de crise par le gouvernement du Canada est nulle. Ici, il faut se rappeler la juridiction de chacun des ordres de gouvernement qui est nettement à l’avantage du gouvernement du Québec. Par ailleurs, le flou artistique autour de l’accueil des voyageurs tant canadiens qu’étrangers dans les aéroports fait très mal à l’image de Justin Trudeau. Des correctifs devraient être apportés rapidement s’il veut en sortir sans blessures mortelles.

Il n’en demeure pas moins que nous sommes devant une crise sanitaire sans précédent et que nous avons à passer un moment difficile où toutes nos habitudes sont changées. Nos droits et nos libertés sont mis à mal. La seule note positive de cet événement c’est que nous diminuerons de façon draconienne la production des gaz à effet de serre. L’époque du coronavirus introduit des choses qu’il faudra bientôt faire pour sauver l’humanité en lien avec les changements climatiques. Des actions efficaces demanderont le même type d’efforts et de changements que ceux exigés par la crise sanitaire. Voyons cela comme une répétition générale. La lutte contre les changements climatiques, une vraie lutte, causera autant d’émoi que celui que nous vivrons au cours des prochaines semaines et des prochains mois.

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