Un nouveau centre-ville vert!

--

Date: 5 février 2015
Auteur: Daniel Nadeau

Hier, au Théâtre Granada avait lieu une séance publique d’information concernant l’avenir du centre-ville de Sherbrooke. Plus de 200 personnes ont répondu à l’appel et les gens présents ont beaucoup apprécié le déroulement de l’événement. Pour avoir idéalisé cet événement et travaillé à sa réalisation, les professionnels du Cabinet de relations publiques et de communication Nadeau Bellavance ne sont pas peu fiers des résultats.

Sur une note plus personnelle, je ne peux que me réjouir du succès de cet événement puisqu’il mettait un terme à mon présent mandat professionnel avec Commerce Sherbrooke. Au cours des onze dernières années, le Cabinet de relations publiques et de communication Nadeau Bellavance a veillé aux communications de la Corporation  de développement du Centre-ville et de Commerce Sherbrooke. Pour moi et mon regretté associé, Yves Bellavance, travailler au développement du centre-ville de Sherbrooke représentait plus qu’un mandat professionnel c’était aussi une question de passion. Le Centre-ville de Sherbrooke était à la source de notre énoncé de positionnement : la passion de communiquer.

Dans cette perspective, vous comprendrez aisément que je ne peux que me réjouir de l’adoption prochaine par les membres du conseil d’administration de Commerce Sherbrooke et, vraisemblablement, par les membres du conseil municipal de notre ville d’un nouveau plan directeur de développement pour notre centre-ville.

Avec la permission de mon client, Commerce Sherbrooke, je reproduis ici, le très beau texte « slamé » de Marianne Verville sur notre centre-ville. Dans un style qui me rappelle l’accent de Gaston Miron pour le Québec, la jeune poétesse Marianne Verville a su bien trouvé la sonorité de ce que représente le centre-ville de Sherbrooke pour moi et pour beaucoup d’autres. Merci à Commerce Sherbrooke pour la confiance témoignée pour nos services professionnels et longue vie au Centro vert des vingt-cinq prochaines années…

Place à la poésie et aux mots de Marianne Verville :

 

Centre-ville (au croisement)

Tout part d’un croisement

de vents et de rivières

à creuser les vallées

de montagnes et de rivages

accoster au pied du courant

là où ça forme encore des grandes-fourches

là où on navigue plus vraiment

La terre a pris le sillon de nos ancêtres

une ville encore jeune

quelques rides à peine

remarquez

le port altier de la Reine des Cantons

sur les maisons essaimées

du centre aux quatre coins

plus loin que l’horizon

Ici est un lieu sans horizontales ni verticales

sur les cartes trop plates

et les rapports d’angles abstraits

ce qu’on en a dit sur papier

n’est qu’une parcelle de ce qu’on vit

depuis des générations

entre la Magog et la Saint-François

ça bourdonne

ça bouillonne

ça brille le soir

quand on regarde le ciel

sur le pont d’la Belvédère

en écoutant la rivière cascader

au coeur de la centrale

On descend la Frontenac

laissant de côté les chiffres

au profit des légendes

on entend dans le bruissement des arbres

les récits de cour d’école

jusqu’aux souvenirs des anciens

dire que la justice s’ordonnait

dans ce qui est devenu l’Hôtel de ville

au tournant de la Dufferin

c’est là qu’est né le centre-ville

Ses bâtiments sont des coquillages

tendez l’oreille

ils chantent les moulins perdus

et les cloches des manufactures

ils jouent les espoirs d’un peuple

élevé dans le Petit-Canada

village phénix sur une nouvelle Alexandre

on raconte encore dans les murales

des histoires construites

autour des chemins de fer

et sûrement d’une couple de bouteilles

On écrira

des poèmes éphémères

sur nos viaducs à reconstruire

pour ouvrir le paysage

on criera

en descendant la King

sur les fesses

durant le carnaval

ou en pleine tempête

qu’on fasse du centro un maelström

un tourbillon de gens

de saveurs de lumières d’idées

de rêves en marche

à s’faire des mollets gros

comme un Maxi Louis

on couvrira les toits de verdure

et les rues de grains de café

remettre l’odorat à zéro

sentir qu’on est chez soi

chez nous

partout

dans tous les sens des côtes

et des falaises

On pourra les traverser sans escalade

sans frein sur nos chemins

recoudre les quartiers en une courtepointe

des petits points de nos grands-mères

aux coupes folles de nos créateurs

si tout le monde s’y met

et arrête de tirer son bord de couverte

si tout le monde admet

qu’on a tous notre place sur la Well

à l’ombre de la cathédrale

Sherbrooke

notre centre-ville est un remède aux angoisses

un attentat à la solitude

par la communauté qui l’habite

du travail à l’école

de l’appart à la station de bus

c’est une invasion à coups de bienvenue

pour tous ceux qui viennent s’y ressourcer

de boutiques en restos

de sentiers en soutien

à faire tomber les barricades sociales

que ses personnages deviennent des emblèmes

comme l’ange qui veille

sur nos rues et nos âmes

Sherbrooke, centre-ville

là où on revient et renaît

le quartier nous adopte avant qu’on ait pu l’adopter

c’est le domaine de l’effervescent

là où d’un terrain vague germera un potager

du local vide s’allumera un projet

des micros émergeront des étoiles

là où les façades montent toujours la garde

et les enfants joueront dans les parcs encore

quand nous aurons légué ce centre-ville

aux prochains

quelle trace voulons-nous laisser

dans la pierre et dans la brique?

dans l’air et dans la mémoire?

Ce manifeste prend la rue

pour la faire danser

la modeler à l’avenir

pour dire que le centro

est plus qu’un divertissement

plus que des tours à bureaux

plus que des logements

plus que des spectacles

pour prouver qu’il est quotidien

rassemblements et bonheurs à partager

Le centro n’est pas un formulaire

il est trop diversifié pour les cases

il n’est pas une directive

c’est la direction

le départ et l’arrivée

ne le prenons pas pour une marchandise

car il se donne bras ouverts

chaque jour

avec un coeur chaud

à faire déglacer le Lac des Nations

à faire évaporer les doutes

C’est notre place

notre centre-ville

au croisement de nos vies

Une réponse à Un nouveau centre-ville vert!

  1. Louise Masson dit :

    Merci aux artistes et créateurs qui sont l’âme et le coeur d’un centre-ville…

    Louise M.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

* Copy This Password *

* Type Or Paste Password Here *