Joutes oratoires, rhétorique et débats politiques

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Date: 2 octobre 2015
Auteur: Daniel Nadeau

Porte-parole, authenticité et « spin doctors »

Ce soir, le réseau TVA diffusera son débat des chefs politiques fédéraux dans le cadre de la présente campagne électorale. Quatre chefs seront présents : Gilles Duceppe pour le Bloc, Stephen Harper pour le parti conservateur, Thomas Mulcair pour le NPD et Justin Trudeau pour le parti libéral du Canada.

Les ténors de chacun des partis tenteront une fois de plus de convaincre les électeurs du Québec de leur accorder leur confiance. Pour gagner leur pari, les chefs des différents partis politiques doivent séduire, convaincre et expliquer leurs positions sur une pléiade de sujets.

Débats politiques

Source: Radio-Canada

Des porte-paroles authentiques

Le principal défi pour chacun des chefs est d’être authentique. L’authenticité est de loin la qualité la plus payante dans ce genre d’exercices. Comment définir l’authenticité en politique? Exercice difficile il faut en convenir. Proposons une définition simple : être collé à ses valeurs, à ses sentiments. Dans le contexte d’une campagne électorale, cela veut tout simplement dire que les chefs doivent dire pourquoi ils veulent assumer la fonction qu’il sollicite et comment il s’en acquitterait. Dit en termes triviaux, il faut que les bottines suivent les babines.

L’effet de toges : joute oratoire

Au-delà de l’authenticité, les chefs seront aux prises dans un contexte où ils seront évalués non seulement pour ce qu’ils diront, mais aussi de la manière dont ils le diront. C’est l’effet de toge. L’aspect joute oratoire. Dans le débat de lundi dernier à Toronto, sans conteste, le chef libéral Justin Trudeau a gagné sur le plan de l’effet de toge lorsqu’il a rappelé la mémoire de son père pour se réclamer de son héritage. Il faut dire que la tâche de Justin Trudeau était plutôt facile puisque Toronto est probablement la ville, de toutes les villes canadiennes incluant Montréal, où l’héritage de Pierre Elliott Trudeau est le plus vivace et le plus célébré.

En matière de joute oratoire, le débat de ce soir nous réservera-t-il des surprises? Thomas Mulcair sortira-t-il un lapin de son chapeau dans la dernière ligne droite de cette campagne chaudement disputée au Canada et où les intentions de vote pour le NPD au Québec semblent en plongée?

Les « spin doctors » et les commentateurs

Quoi qu’il en soit, le gagnant du débat de ce soir ne sera pas déclaré à l’issue du débat. Outre, les talents oratoires et l’authenticité des candidats, il faut aussi compter sur le résultat de l’appréciation des commentateurs et des « spin doctors » des différents partis. Ce n’est qu’après avoir entendu tous ces commentaires que l’on pourra déterminer un gagnant ou des perdants du débat de ce soir. Mais encore là, il faut faire preuve de prudence, car nous ne saurons vraiment ce qui en retourne que le jour du vote, le 19 octobre prochain. C’est à ce moment que nous saurons vraiment ce que vous avez retenu de tout cela et s’il est vrai qu’un bout de tissu, tristement nommé niqab, aurait eu raison de votre jugement et de vos convictions…

Une réponse à Joutes oratoires, rhétorique et débats politiques

  1. Marc NAdeau dit :

    M Duceppe m’a semblé le plus informé sur l’ensemble des sujets et celui qui demandait le plus d’engagements de la part des autres…évidemment demander aux autres de s’engager quand tu es certain de ne pas être obligé à respecter ces engagements parce que tu ne seras jamais au pouvoir, c’est plus facile mais tout de même habile, de mon point de vue. Justin même dans la quarantaine demeure un « jeune »….mais il apprend vite. Il me semble plus habile que son père comme orateur mais aussi « pourri » en matière économique…les milliards qu’ils sort de je ne sais où…c’est édifiant ! Évidemment, le lendemain d’une victoire il pourra dire comme tous les autres avant lui: « on ne savait pas que la situation était aussi catastrophique !
    Harper sans être mon favori, a le mérite d’avoir grandement amélioré son français, de se présenter à chaque débat avec un calme olympien même s’il sait être le moins habile dans la langue de Molière parmi les 4 candidats. On en peut pas dire qu’il ne fait pas ce qu’il dit et qu’il ne dit pas ce qu’il fait: un vrai ISO !
    Quant à Mulcair…de contrôler sa colère demeure une extrême difficulté pour lui, son non verbal était on ne peut plus clair. Il projette une image d’un être condescendant que la télé n’aide pas…ce n’est pas Clayton !

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