La marque libérale

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Date: 5 avril 2016
Auteur: Daniel Nadeau

Nous le savons. Aujourd’hui, tout est marketing et question de marque. La politique n’échappe pas à cette tendance générale. L’introduction en politique de l’utilisation des banques de métadonnées pour identifier les électeurs, le recours aux groupes de discussion et aux sondages de façon systématique fait en sorte que la politique est aujourd’hui devenue un laboratoire privilégie des innovations en marketing et en publicité. La gestion de la marque, le nom d’un parti politique sont devenus essentiels. Il reste cependant que la politique c’est plus que cela et plus aussi qu’une affaire de relations publiques. C’est surtout à mon sens une affaire de politiques, de convictions et de sincérité.logo_parti libéral

Dans ce nouvel univers où l’image est omniprésente et où la forme est souvent plus importante que le fonds, on ne peut que constater que les responsables du Parti libéral du Québec ont toutes les raisons du monde de s’inquiéter de la réputation de la marque libérale auprès des électeurs. Même si à la dernière élection, les libéraux de Philippe Couillard ont remporté la mise électorale, cela ne signifiait pas pour autant que la marque libérale avait retrouvé ses lettres de noblesse de l’époque de la Révolution tranquille et de l’équipe du tonnerre de Jean Lesage. Le retour au pouvoir en 1985 de Robert Bourassa II avait pourtant laissé entrevoir l’espoir que le PLQ reprenait les sentiers de son parcours historique : une marque associée au développement économique, social et culturel du Québec.

Or, le passage du gouvernement Charest a été marqué par des histoires et des affaires et il y a eu ces affrontements avec la population sur de nombreux sujets qui ont culminé avec les événements du printemps érable. Puis, ce fut les allégations de corruption et de malversations liées au financement des partis politiques. Le gouvernement Charest s’est longtemps fait tirer l’oreille pour mettre sur pied la commission d’enquête si ardemment désirée par de larges pans de la population.

La Commission Charbonneau a tenu ses audiences et remis son rapport et aujourd’hui des arrestations de personnes liées au PLQ comme Nathalie Normandeau et Marc-Yvan Côté ainsi que les nouvelles révélations de l’émission Enquête de Radio-Canada sur les liens entre monsieur Côté et le ministre Sam Hamad dans un dossier de subventions à une entreprise du Bas-Saint-Laurent vient remettre à l’avant-scène l’image d’un parti libéral croulant sous les affaires louches. Les partis d’opposition font flèche de tout bois et n’hésitent pas un instant d’emprunter la voie de la démagogie et du populisme pour y enfoncer leur adversaire libéral. Toute la classe politique y perdra à ce jeu, mais la marque libérale sera lourdement affectée.

Heureusement, le Québec réel avance et je suis heureux de savoir que le 19 avril prochain le mouvement Les Orphelins politiques de Pierre-Luc Saint-Pierre-Plamondon et de nombreux autres réunira à Montréal des gens qui en ont soupé du climat actuel et qui veulent faire table rase du passé pour construire l’avenir du Québec. Un regroupement de personnes qui souhaitent un avenir prospère au Québec dans le Canada. Bref, un regroupement de gens qui veulent mettre en place un nouveau parti politique pour le Québec, mais dont l’avenir s’entrevoit dans le Canada. Une bonne nouvelle pour les Québécois qui croient au Canada, car je crois que la marque libérale est durement affectée et que ce n’est qu’un début. Il semble bien que ce parti ait droit au supplice de la goutte…

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