Le paradoxe de l’intolérance

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Date: 23 juin 2016
Auteur: Daniel Nadeau

Permettez-moi de revenir sur l’incident Couillard lors de la cérémonie à Montréal voulant célébrer la mémoire des victimes d’Orlando en Floride. On se rappellera que l’un des participants, un militant du Pink Bloc, a posé un geste menaçant envers le premier ministre du Québec, Philippe Couillard, venu pour témoigner la solidarité de tout le Québec à l’égard des victimes d’Orlando. Par sa présence, Philippe Couillard affirmait qu’au Québec on ne voulait pas de l’intolérance envers les minorités sexuelles. Un message, j’en suis certain, qui réjouit toutes les femmes et tous les hommes qui s’identifient à une minorité sexuelle. Couillard attaquéAlors, comment expliquer ce comportement inacceptable d’un militant actif de la cause LGMBT?

Quand j’ai lu les commentaires des gens sur les réseaux sociaux, j’ai été sidéré par la violence de ces derniers et de leur imbécillité. Certains voulaient minimiser le geste en disant que c’était une simple boulette de papier, d’autres accusaient le chef de notre gouvernement d’être là pour faire de la récupération politique alors que d’autres justifiaient le geste en rappelant que le gouvernement libéral était corrompu et qu’il faisait violence aux gens par les coupes budgétaires. Je n’en croyais pas mes yeux.

J’ai alors écrit un commentaire sur les réseaux sociaux qui comparait ce geste à un geste d’un djihad rose. Une métaphore qui voulait faire comprendre que la violence de ces propos de même que le geste de ce jeune homme étaient tout aussi condamnables que ceux que nous reprochons aux terroristes islamistes. Certes, je sais que le geste du militant du Pink Bloc était sans commune mesure avec le meurtre gratuit de nombreux humains. Je savais aussi que ce commentaire ferait réagir. C’était ce qui était recherché. Je trouvais simplement que les commentaires sur les différents réseaux sociaux que j’ai pu lire ce soir-là dépassaient l’entendement. Il venait donner une criante actualité à la citation du grand intellectuel Umberto Eco dans un article dans la revue Le temps qui avait écrit au sujet des réseaux sociaux que : « Les réseaux sociaux ont donné le droit de parole à des légions d’imbéciles qui avant, ne parlaient qu’au bar et ne causaient aucun tort à la collectivité. On les faisait taire tout de suite, aujourd’hui ils ont le même droit de parole qu’un prix Nobel ».

J’ai aussi écrit le commentaire suivant faisant état du paradoxe de cet événement : « Dans les commentaires, je note beaucoup d’intolérance de gens qui revendiquent la fin de l’intolérance à leur endroit. Je suis un straight ouvert et tolérant. Mais le paradoxe sous mes yeux m’amène à m’interroger. Ai-je raison d’être ouvert à la différence si celle-ci n’est qu’intolérance? »

Matière à réflexion sur ce paradoxe de l’intolérance manifestée dans le sillon de cet événement inacceptable dans toute démocratie.

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