Dehors Europe!

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Date: 27 juin 2016
Auteur: Daniel Nadeau

Finalement, c’est par le résultat serré de 51,9 % que les habitants du Royaume-Uni ont choisi de quitter l’Union européenne. Un choix qui ne sera pas sans conséquence pour l’idée même de la construction européenne. BrexitPar ce choix, la Grande-Bretagne se verra retirée de toutes les ententes avec les autres pays européens et des ententes qu’a l’Europe avec d’autres pays dans le monde.

Le choix de la population du Royaume-Uni est celui du repli sur soi et du particularisme. En tournant le dos à l’Union européenne, la Grande-Bretagne atteste en quelque sorte de l’échec des bureaucrates de Bruxelles à faire de l’Europe une idée attrayante pour les Anglais et pour d’autres pays européens. C’est une certaine idée de l’Europe qui risque de mourir avec le résultat obtenu chez nos amis anglais. À mon sens, le choix des Anglais a quelque chose à voir avec cette idée d’une citoyenneté sans ancrages et s’abreuvant au modèle de l’homme théorique sans appartenances nationales.

Il est clair que les questions de l’immigration et de la mondialisation de l’économie ont joué dans ce résultat jeudi soir dernier en Grande-Bretagne. Ce n’est pas passé inaperçu aux yeux de Marine Le Pen qui s’est empressée de réclamer un référendum pour la France. Tous les mouvements et partis politiques d’Europe qui s’ancrent à droite et qui sont mus par des idées nationalistes chercheront à lire dans cet événement politique les prodromes d’une Europe qui retourneraient à ses anciennes frontières nationales. Est-il réaliste de penser une Europe de petits et grands pays sans collaboration autres que les traités entre nations comme l’ont a connu depuis Louis XIV? Est-ce la fin du rêve de Jean Monnet d’une Europe unie? Le temps nous le dira.

La campagne référendaire fut triste en Grande-Bretagne. Les deux camps ont rivalisé de démagogie et d’arguments de peur. Il y a même eu mort de femmes. C’est dire l’émotion qui a été mise en cause. Au lendemain de cette décision, les Anglais se retrouvent avec un premier ministre démissionnaire et probablement avec la gestion d’une crise politique en Écosse et en Irlande. L’Europe devra pour sa part faire preuve de fermeté avec les conditions de retrait du Royaume-Uni si elle veut éviter l’effet perroquet de cette décision dans les autres pays d’Europe.

Contrairement à ce que prétendent les souverainistes d’ici, le résultat du référendum en Grande-Bretagne n’est pas une source d’inspiration pour le Canada. Même s’il est vrai que cela a fait la preuve que notre premier ministre Trudeau respecte le résultat d’un référendum à 50 % + 1, il n’en demeure pas moins que si l’Europe avait réussi à construire un régime de type fédéral plutôt qu’une union incertaine de pays autour de traités, elle aurait probablement réussi à éviter ce retrait de la Grande-Bretagne. Ce qui est en cause c’est l’impuissance d’un regroupement à agir parce que les entités nationales refusent de céder des pouvoirs. Cela n’est pas le cas de la situation qui prévaut au Canada.

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