L’opinion publique : l’Everest de Philippe Couillard

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Date: 9 septembre 2016
Auteur: Daniel Nadeau

Il y a quelques semaines à peine, j’ai écrit une chronique (chronique que j’écris tous les mercredis) dans le journal Internet EstriePlus intitulée La rentrée ratée de Philippe Couillard. Loin de moi l’idée de m’acharner sur ce gouvernement pour lequel par ailleurs j’éprouve de la sympathie, mais je ne peux passer sous silence les errements de ce gouvernement concernant la gestion du programme politique.philippe-couillard-rentree C’est presque incroyable de voir autant de gaffes s’accumuler de la part d’un gouvernement. Passons sur les affaires UBER et le dossier RONA.

Quelqu’un peut-il m’expliquer comment un gouvernement peut embaucher un transfuge d’une autre formation politique, recherchiste de sa condition, qui s’est emparé de documents confidentiels de son ex-employeur alors qu’il passe dans le camp adverse? C’est anecdotique, mais n’empêche que le premier ministre du Québec, Philippe Couillard et sa ministre de l’économie, Dominique Anglade, ont cafouillé dans un tel dossier. Jamais un tel comportement n’aurait été accepté dans le monde de l’entreprise privée, monde auquel le gouvernement aime bien se référer. Le gouvernement a bien assez de problèmes à gérer qu’il pourrait éviter de fabriquer des « crisettes » quand cela n’est pas nécessaire. Cela dénote un manque de jugement ou à tout le moins un manque de sensibilité à ce qui fait la nouvelle sur la colline parlementaire.

Ce qui est vrai dans ce dossier l’est aussi dans le dossier de madame Nathalie Normandeau. Comment un gouvernement qui croit aux droits et libertés des citoyens de ce pays peut-il se permettre d’affirmer publiquement qu’il se gouvernera en reniant la présomption d’innocence? Je sais, vous me direz, tous les partis ont déclaré qu’ils refuseraient de donner des entrevues à madame Normandeau. Cela ne m’apparaît pas une excuse. Je me serais attendu que le gouvernement se fasse le champion de la présomption d’innocence. Libre aux attachés de presse et à leurs ministres d’accepter ou de refuser de donner des entrevues à tel ou tel journaliste ou à tel ou tel animateur. C’est de la matière de relations de presse pas d’un décret d’un premier ministre.

Ce qui devait arriver arriva. Le PLQ a déclaré que madame Normandeau ne sera pas exclue comme membre du PLQ au nom de la présomption d’innocence alors que le premier ministre Couillard a, pour sa part, enjoint ses collègues du Conseil des ministres à refuser toute entrevue avec madame Normandeau à sa nouvelle émission de radio. La belle affaire. Un cafouillage inutile. Cela a donné l’occasion à madame Normandeau de faire un spectacle avec cela à sa première émission de radio et de pouvoir dire qu’elle déchirait sa carte de membre du PLQ. Vraiment une autre grande réussite du gouvernement Couillard en relations publiques. Cela sera enseigné dans les universités comme chose à ne pas faire.

Non, comme je l’écrivais dans ma chronique du 24 août dernier dans EstriePlus, cela prouve une fois de plus que : «  ce n’est pas la force des oppositions qui gâche la vie de ce gouvernement, mais plutôt sa gouvernance erratique. Ce gouvernement finira-t-il par apprendre de la rentrée, encore une fois ratée de Philippe Couillard? J’en doute de plus en plus… »

Pour Philippe Couillard, gérer le programme de son gouvernement et l’opinion publique ressemble pour lui à gravir l’Everest…

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