Le Québec diffamé!

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Date: 9 février 2017
Auteur: Daniel Nadeau

Ces jours-ci, nous sommes fort préoccupés au Québec sur le sort que nous réservons à nos invités, les gens qui choisissent de venir partager notre destin en terre d’Amérique, les nouveaux arrivants ou les gens issus de l’immigration.

Québec - Canada

Depuis l’attentat de la mosquée à Québec, nous avons collectivement fait preuve d’une grande solidarité envers nos compatriotes de confession musulmane. Tous les membres de notre classe politique et médiatique ainsi que monsieur et madame tout le monde ont témoigné de leur solidarité envers les victimes innocentes de cet acte de folie meurtrière de l’un des nôtres.

Aux racines du mal de la xénophobie ambiante envers celles et ceux que nous accueillons, il y a au premier chef notre insécurité proverbiale et la discrimination systémique dont le Québec et la nation canadienne-française font l’objet au Canada et en Amérique du Nord. Déjà, nos ancêtres qui ont émigré dans les usines de coton et de textile aux États-Unis en Nouvelle-Angleterre avaient fait l’objet de racisme et de xénophobie. Un très beau film de Claude Fournier Les Tisserands du pouvoir a été diffusé en 1988 et relatait avec une dramatisation appropriée tout le drame de la xénophobie et du racisme envers notre race canadienne-française.

En cette année du 150e anniversaire du Canada, une mouvance nationaliste québécoise associée au parti québécois a entrepris de faire connaître tous les malheurs dont nous avons été victimes au Canada en passant par la conquête, par le sort réservé à la langue française partout au pays et par l’assassinat des nôtres par les Britanniques au lendemain des événements de la rébellion des patriotes au 19e siècle.

Trois jours après les événements meurtriers de la mosquée de Sainte-Foy, un chroniqueur du Canada anglais de Vancouver, J.J. McCullough a dépeint dans un texte d’opinion paru dans le Washington Post le Québec comme un État meurtrier. Aux dires de ce chroniqueur, une part disproportionnée de massacres survenus au Canada depuis sa naissance sont survenus au Québec. L’auteur attribue ce fait aux débats nationalistes et identitaires qui ont lieu au Québec.

Incroyable de professer de telles insanités. McCullough n’est pas le premier de son espèce à faire preuve de racisme et de xénophobie envers le Québec français. Dans un livre publié à la fin des années 1990, l’historien canadien-anglais Arthur Silver nous livre un édifiant portrait des injustices commises à l’endroit du nationalisme canadien-anglais au 19e siècle.

Il est heureux de voir que le gouvernement du Québec et sa ministre des relations internationales Christine St-Pierre, notre assemblée nationale et même Carl Vallée, l’ancien porte-parole du premier ministre Stephen Harper prennent la parole pour défendre le Québec. On peut cependant déplorer que des députés conservateurs québécois aient fait obstacle à l’adoption d’une résolution dénonçant cette attaque vicieuse contre le Québec et la nation canadienne-française. Il serait aussi utile que des journalistes du Washington Post, l’un des plus puissants quotidiens du monde, se donnent la peine de faire des reportages sur les propos des membres de la communauté musulmane à l’endroit de l’ouverture et de la qualité de l’accueil qu’ils ont trouvés au Québec. Aujourd’hui, il faut prendre la défense du Québec qui est dépeint dans le Washington Post par un chroniqueur anglophone de Vancouver J.J. McCullough comme un État meurtrier.

Ce n’est pas d’aujourd’hui que le Québec français fait l’objet d’attaques racistes de la part de Canadiens anglais. Ces derniers choisissent toujours de nous faire mauvaise presse aux États-Unis où des gens peu informés sur le Canada prêtent foi plus facilement à ces billevesées. Il faut que nous soyons vigilants sur l’image du Québec à l’étranger et sur les perceptions que ces âneries peuvent générer. La réaction de l’Assemblée nationale du Québec qui a adopté une résolution unanime dénonçant ce texte est un pas dans la bonne direction. Le silence de la Chambre des communes est préoccupant et indique une fois encore que le Québec demeure une énigme pour nos compatriotes du Canada. Avant de reprocher au Québec français sa xénophobie, il serait intéressant que le Canada anglais fasse un examen de conscience et prenne la mesure de son racisme systémique envers notre société et notre nation canadienne-française.

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