L’UPAC, la politique et l’opinion publique

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Date: 27 octobre 2017
Auteur: Daniel Nadeau

Coup de tonnerre cette semaine dans le monde politique québécois. Un député de l’Assemblée nationale du Québec a été mis en état d’arrestation par notre police politique, l’UPAC. Le député de Chomedey du Parti libéral du Québec, monsieur Guy Ouellet a été arrêté à la suite de l’utilisation d’une stratégie piège par les policiers de l’UPAC. Selon les rapports qu’en ont faits les médias, le député de Chomedey aurait été attiré à un rendez-vous par un texto d’un téléphone de l’une de ses connaissances envoyé par l’UPAC et il aurait été mis sous arrestation.

Arrêté un député est une chose, mais il faudrait aussi que l’on informe le public des raisons qui amènent les autorités policières à procéder à l’arrestation d’un membre de l’Assemblée nationale. Or ici, l’histoire devient confuse, on ne sait pas sous quels motifs on a arrêté monsieur Ouellet. Il y a bien des spéculations qui circulent, mais les principaux intéressés soit l’UPAC ont décidé d’entourer cette arrestation de mystères. Ce qui laisse place à de nombreuses supputations qui ne sont pas à l’avantage de nos institutions et de notre fonctionnement démocratique.

Il faut savoir que l’on raconte qu’il existe une profonde inimitié entre le député mis sous arrestation et le patron de l’UPAC, monsieur Lafrenière. Guy Ouellet n’est pas un simple député. Il présidait la Commission des institutions qui étaient justement à faire adopter un projet de Loi qui ferait de l’UPAC une police indépendante de la Sûreté du Québec et avec encore plus de pouvoirs. Cela est troublant. D’ailleurs, ce que les médias racontent c’est que cette arrestation serait possiblement liée aux fuites dans les médias sur la paralysie des enquêtes de l’UPAC, notamment l’opération Mâchurer qui examine les agissements de nombreux libéraux en marge du financement des partis politiques dont l’ancien grand argentier du PLQ, Marc Bibeau et l’ancien premier ministre, Jean Charest. Selon les rumeurs qui circulent dans les médias et dans les commentaires des chroniqueurs de la scène politique, monsieur Ouellet aurait été arrêté pour avoir facilité les fuites dans les médias ou y avoir pris part. Ainsi, un lanceur d’alerte serait arrêté par l’UPAC plutôt que les criminels qui ont abusé du système. C’est un choix, mais il est discutable. L’UPAC dans ce dossier semble avoir plus d’intérêt à protéger la police qu’à s’acquitter de son mandat.

Tout cela au moment où l’on s’apprête à donner plus de pouvoir à cette police de la corruption qui a d’énormes pouvoirs sur la vie de chacun de nous, les citoyens. Si souvent le Québec apparaît comme un gros hôpital, il apparaît aujourd’hui comme un lieu d’une chasse aux sorcières. Le plus inquiétant c’est le peu de soucis que nous avons pour la liberté des citoyens et pour la présomption d’innocence. Le député Ouellet a été condamné au moment de son arrestation. La police, l’UPAC, a droit de vie ou de mort sur la liberté de chacun de nous. Non seulement les bandits qui ont dévalisé les coffres de l’État nous ont-ils appauvris, mais une conséquence collatérale c’est que cela permet aujourd’hui à la police de devenir un État dans L’État et de faire la loi en nom et place des citoyens que nous sommes. Voulons-nous vivre dans une telle société?

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