Débattre en anglais…

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Date: 18 septembre 2018
Auteur: Daniel Nadeau

Mario Dumont a expliqué hier dans un commentaire pourquoi il n’était pas favorable au débat en anglais qui s’est tenu hier. Au-delà des considérations stratégiques dont on pourrait discuter longuement pour chaque leader en présence et pour chaque formation politique, ce précédent est, je suis d’accord avec Mario Dumont sur cette question, préoccupant pour l’avenir. Le Québec est un État francophone où la langue commune est le français. Le geste posé par toutes les formations politiques hier soir d’accepter de participer à un débat dans la langue anglaise pourrait constituer un dangereux précédent pour notre avenir et venir affaiblir plus encore la place du français comme langue commune au Québec.

Quoi qu’il en soit, c’est fait. Parlons du débat! Un débat sans surprise où l’on doit souligner que la participante et les participants ont relevé avec brio le fait qu’ils débattaient dans une langue qui n’était pas leur langue maternelle. Même Manon Massé a fait bonne figure. Cela mérite d’être mentionné au moment où chez nos voisins au Nouveau-Brunswick, province officiellement bilingue contrairement au Québec, on ne peut même pas débattre en français à cause de l’incapacité du chef conservateur.

Pour l’essentiel, on a retrouvé les mêmes lignes de fracture et les mêmes affrontements présentés lors du débat français à Radio-Canada. La plus grande variante est que l’on a fait une place aux relations entre la communauté anglophone et la majorité francophone. On a eu droit à l’engagement de tous les chefs présents de maintenir un secrétariat aux affaires anglophones. On a eu aussi droit à la mise en valeur de l’engagement de François Legault d’abolir les commissions scolaires. Sujet qui n’a pas la même résonnance chez les anglophones que chez les francophones. Chez nous, en Estrie par exemple, on ne croit pas que la réaffirmation de l’abolition des commissions scolaires par la CAQ aura un effet positif sur le vote des anglophones dans les comtés de Richmond, Brome-Misissiquoi et de Mégantic. Le Bonjour-Hi a refait son apparition et a permis à tous les chefs de réaffirmer que le français sera la seule langue commune au Québec. Cela aura une faible influence sur le vote ailleurs dans le Québec francophone profond, si je puis dire.

L’occasion manquée demeure les réponses à une question d’un citoyen qui s’inquiétait de l’exode des jeunes anglophones scolarisés du Québec vers l’Ontario et l’Ouest canadien. Pas un chef, même le rusé Lisée, n’a pensé dire que l’on ferait des efforts pour retenir ces jeunes Québécois de souche anglophones au Québec en cette période de pénurie de main-d’œuvre. Alors que fait rage un débat sur l’immigration et que l’on souhaite accueillir de nouveaux arrivants qui ne parlent pas français, personne ne songe à intégrer ces jeunes anglophones québécois pure laine. Cocasse non?

Un débat sans véritable gagnant, mais qui contribuera à préparer le face à face final à TVA jeudi soir prochain. Un débat qui a des chances d’être déterminant pour le reste de la campagne électorale. Ce sera à voir…

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