Les faux pas inévitables devant l’opinion publique

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Date: 19 septembre 2018
Auteur: Daniel Nadeau

Le dernier weekend n’a pas été facile pour les différents chefs en campagne électorale. De manière générale, on peut dire comme l’animateur Mario Dumont que la fin de semaine a été difficile pour tous les leaders des partis, mais horrible pour le chef de la Coalition avenir Québec, François Legault.

Ce n’est pas facile de nos jours faire une campagne électorale. Nous sommes très exigeants envers nos leaders et nos futurs dirigeants. Dans un livre récent, Guylaine Martel, professeure au département de communication à l’Université Laval, s’intéresse aux élus et prend en compte les exigences qui s’imposent à eux dans le contexte de médiatisation qui est le leur. Plus particulièrement, Guylaine Martel s’intéresse… « au dévoilement de leur identité publique comme privé, les mises en scène sophistiquées auxquelles ils sont exposés et dont ils doivent maîtriser la forme, la constante évaluation de leur crédibilité, de leur sincérité et de leur authenticité. » (Guylaine Martel, Incarner la politique. La construction de l’image médiatique des femmes et des hommes politiques au Québec, Québec, Presses de l’Université Laval, 2018, 177 p.)

Il faut bien comprendre que les femmes et les hommes que nous élirons le 1er octobre prochain sont en large partie le fruit d’une construction médiatisée en relation avec la formation d’une opinion publique en mouvement traversée par des conflits alimentés par de nombreux acteurs sociaux.

Guylaine Martel écrit : « La médiatisation, comme on l’a vu tout au long de cet ouvrage, joue un rôle de premier plan dans la construction de l’image des politiciennes et des politiciens. Les représentations qui circulent dans les médias conditionnent en grande partie les perceptions du public et la reproduction des modèles types par les politiciens eux-mêmes : le choix des images qui y sont présentées (vie publique/vie privée), leur fréquence (sous-représentation des uns/surreprésentation des autres), leur traitement (neutre/stéréotypé) s’inscrit dans une relation d’interdépendance entre le monde médiatique et le monde politique. La circulation des modèles politiques relève d’une responsabilité partagée. Aux médias traditionnels il faut ajouter les médias sociaux. Outils de surveillance par excellence, l’analyse de leur contenu montre que les usagers s’intéressent davantage à l’image des personnalités publiques – leur intégrité, leur honnêteté – qu’au contenu de leurs messages, et qu’ils s’attachent davantage encore à les critiquer qu’à les complimenter. Les médias, les anciens comme les nouveaux, font peser une forte pression sur les politiciennes et les politiciens. Si ceux-ci ont besoin de la visibilité médiatique pour augmenter le capital de notoriété nécessaire pour se faire élire, il faut admettre que la vie politique sous l’œil constant des médias est difficile et ne favorise pas toujours le recrutement de candidats qualifiés. » (Guylaine Martel, Ibid. p. 142-143)

Comprenant bien cette problématique particulière aux médias, à la politique et à l’opinion publique, on ne peut qu’être impressionné favorablement par la qualité des recrues en politique pour cette élection au Québec tout particulièrement à la Coalition Avenir Québec. Il faut aussi prendre avec un grain de sel les conséquences catastrophiques annoncées par les médias et leurs commentateurs de simples erreurs de faits ou d’attention d’un chef ou d’un autre. Les médias font aussi leur spin dans les campagnes électorales. Il faut garder cela à l’esprit avant de se former une opinion.

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