La valse des égos et SNC-Lavalin

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Date: 7 mars 2019
Auteur: Daniel Nadeau

Dans l’affaire Trudeau-Wislon-Raybould, et non pas SNC-Lavalin, on assiste à la querelle des égos. Or, s’il y a une chose certaine, c’est que l’égo de l’ancienne procureure générale et ministre de la Justice, Judy Wilson-Raybould, et sans égal. Pour ses ambitions personnelles, pour sa conception étroite du droit, pour des principes d’un État de droit qui n’empêchera jamais personne de dormir, elle joue son va-tout et elle est prête à sacrifier la réélection de tous ses collègues libéraux sur l’autel de ses ambitions. Si c’est cela faire de la politique autrement, il n’est pas certain que les vieilles façons de faire étaient si détestables à bien y penser.

Revenons à l’essentiel. Le gouvernement du Canada dirigé par Justin Trudeau souhaite doter le Canada de règles de gestion concurrentielles dans le domaine des entreprises qui ont joué dans le film de la corruption. Nous savons que SNC-Lavalin a obtenu un premier rôle dans cette production cinématographique honteuse. SNC-Lavalin s’est adonnée à des pratiques d’affaires criminelles pour enrichir ses actionnaires. Cela est entendu et prouvé.

Devant ce cas, et à d’autres à venir, le Canada a fait adopter une loi en catimini pour permettre à des entreprises corrompues d’obtenir des mesures remédiatrices pour faire en sorte que l’entreprise fautive paie le prix juste de ses actions tout en protégeant cette dernière et ses employés. Dans ce cas, il lui faudra montrer patte blanche et faire le grand ménage pour obtenir un accord de réparation de la part de la justice canadienne. Ainsi, l’entreprise pourra continuer d’opérer et les emplois seront sauvés. Ce n’est pas une si mauvaise idée si ces pratiques ont cours dans les économies concurrentes à l’économie canadienne. La mesure du gouvernement canadien venait ainsi rétablir en quelque sorte l’équilibre concurrentiel.

Bien sûr pour que cela soit jouable, il faut que cela se fasse dans un pays où l’on ne hait pas une nation plus que l’on aime les emplois que ses entreprises peuvent fournir aux Canadiennes et Canadiens. Il faut aussi une arène politique mature où l’on ne fait pas de la petite politique sur le dos des emplois. À cet égard, le discours du chef conservateur, Andrew Scheer est pitoyable. Déchirer ses habits pour défendre l’État de droit envers et contre tous quand au fond ce que l’on vise, c’est de faire de la politique populiste et de passer la gratte au Canada anglais dans tout ce qui bouge, scribouille et gribouille contre le Québec n’est pas l’un des gestes politiques les plus courageux. Gerald Butts a été convaincant. Trudeau doit parler et il est temps qu’il fasse preuve de leadership et qu’il débarrasse la scène politique canadienne de ses égos démesurés qui empoisonnent notre vie démocratique. Il faut en finir avec la valse des égos dans l’affaire SNC-Lavalin.

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