Le navire du PQ perd une matelot !

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Date: 12 mars 2019
Auteur: Daniel Nadeau

La politique ne change pas fondamentalement. À l’image des équipes sportives, en politique quand on perd l’esprit d’équipe en prend pour son rhume. Personne ne voudra tirer sur une ambulance, mais le Parti québécois continue de vivre sa lente agonie par sa faute, sa très grande faute. La démission de la jeune députée Catherine Fournier du caucus du Parti québécois ne vient qu’ajouter au dossier mortifère du Parti québécois.

Tous en conviendront, le Parti québécois a été le premier parti politique de masse au Québec. Un vrai parti avec des militants et des débats interminables sur le sexe des anges qui prenaient la forme d’une souveraineté avec ou sans trait d’union, des stratégies de relance plus ou moins pertinentes autour du calendrier référendaire et de flirt dangereux avec l’identité québécoise et l’adoption de positions politiques s’abreuvant à ce qu’il y a de plus laid dans le nationalisme ethnocentrique qui s’est traduit par une Charte des valeurs québécoises.

Hier, nous commentions le dernier livre de Jean-François Lisée qui faisait le bilan de sa dernière campagne électorale en s’interrogeant sur qui veut la peau du Parti québécois. Malheureusement pour les militantes et les militants de ce grand parti politique de l’histoire du Québec contemporain, il semble que la réponse à cette question pointe vers les acteurs du Parti québécois eux-mêmes. Par son départ du caucus, madame Catherine Fournier vient donner de l’oxygène à Québec Solidaire. Son départ du caucus du PQ vient donner la troisième place à l’Assemblée nationale à Québec Solidaire : de meilleures places, plus de temps de questions et surtout une légitimité renouvelée d’être la voix souverainiste à l’Assemblée nationale du Québec.

Madame Fournier dit partir pour redonner de l’espoir aux souverainistes et son désir de pratiquer la politique de la terre brûlée repose sur sa volonté de repartir à neuf pour pouvoir se reconnecter avec la jeunesse québécoise. Seul l’avenir nous dira si la députée de Marie-Victorin a raison. Nous en doutons. L’idée de la souveraineté n’est plus à l’ordre du jour. La jeunesse québécoise attache de moins en moins d’importance à ce qui en a constitué les plus puissants symboles comme la défense et la promotion de la langue française. Même la spécificité du Québec, la société distincte, est remise en cause. Dans la trame narrative de l’histoire du Québec, on assimile de plus en plus l’histoire de l’État québécois, non pas à une longue marche de libération des Canadiens français et à leur émancipation du conquérant britannique, mais plutôt à la construction d’un État blanc, misogyne et capitaliste qui n’a eu comme priorité que l’asservissement des femmes, des membres des communautés culturelles et des minorités sexuelles. La nouvelle gauche, si l’on peut utiliser ce vocable, n’a rien à faire avec le nationalisme. Madame Fournier rêve tout haut à la grande union des souverainistes, mais elle s’apercevra rapidement, comme d’autres avant elle, que le Québec est devenu une société fragmentée où le nationalisme n’a plus la côte dans les boîtes de scrutin…

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