La liberté se termine où commence celle des autres

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Date: 5 mars 2020
Auteur: Daniel Nadeau

Ces jours-ci, nous n’en finissons plus de pérorer sur les droits ancestraux des premières nations. Établissons d’emblée, nous avons déjà écrit là-dessus à maintes occasions, que nous sommes de ceux qui reconnaissent pleinement le fait que nos ancêtres ont envahi les terres d’Amérique, spolié ses habitants de leurs terres à notre usage et colonisé ses populations amérindiennes. Cela étant dit. On ne peut réécrire l’histoire. On ne peut que réparer les torts en cherchant des accommodements de nation à nation.

C’est d’ailleurs ce à quoi s’est engagé le premier ministre du Canada Justin Trudeau dès son arrivée au pouvoir. Malgré ce que l’on peut en dire, il a beaucoup fait pour la cause de la réconciliation du Canada avec ses peuples amérindiens. Cela est aussi vrai de la volonté de l’ancien premier ministre libéral Paul Martin avec les accords de Kelowna que son successeur, le conservateur Stephen Harper a jeté aux poubelles. Ici aussi, on ne peut réécrire l’histoire. Cela permet néanmoins de relativiser les positions des clones de Harper regroupés sous l’étiquette conservatrice à la Chambre des communes et dirigés actuellement et temporairement par Andrew Scheer.

Ces choses étant dites, il est temps cependant que les peuples amérindiens cessent de nuire aux intérêts de la population canadienne. Les blocages des voies ferrées doivent cesser maintenant. Le paradoxe, c’est le Québec qui en paie le plus fort prix en ce moment notamment une région qui tire le diable par la queue la Gaspésie où les Micmacs du coin paralysent les activités ferroviaires d’une coopérative locale de transport pour on ne sait quelles raisons.

Est-ce une façon de remercier les Québécoises et les Québécois pour leur ouverture aux revendications des Premières nations ? Les représentants des Premières nations ont-ils oublié l’entente conclue par Robert Bourassa avec les Cris pour le développement de la Baie-James ? Ne se rappellent-ils pas que le premier ministre René Lévesque a fait adopter une résolution à l’Assemblée nationale pour les reconnaitre comme des nations ? Que dire aussi de l’entente signée par Bernard Landry ou encore de la toute récente entente signée par le gouvernement Legault avec les peuples Cris ? Manifestement, le Québec n’est pas l’ennemi, mais un allié des Premières nations. Alors pourquoi est-ce à nous de payer pour l’incurie du Canada à leur endroit ?

Il est clair que la liberté des uns se termine où commence la liberté des autres. Et les autres, nous en l’occurrence, sont perplexes devant l’évolution des choses. Il apparaît que les Premières nations sont à gaspiller un précieux capital de crédibilité et qu’ils sont à risque de mettre fin à l’ouverture de bon nombre de gens concernant leurs droits. Il ne faudrait pas que le blocage des voies ferrées se solde par la fermeture de nos esprits à la réconciliation et à la reconnaissance des droits de peuples qui ont droit comme celui du Québec à une place dans le concert des nations dans un monde globalisé et rempli d’incertitudes devant son avenir.

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